Cette page couvre trois techniques distinctes que la fiche technique de l'annuaire Paralib regroupe sous une même entrée (historiquement associée à un intitulé « thalasothérapie », conservé ici comme identifiant technique bien que ces trois techniques ne se limitent pas à la thalassothérapie proprement dite, qui désigne spécifiquement l'usage thérapeutique de l'eau de mer). Un même praticien peut proposer l'une, plusieurs, ou l'ensemble de ces techniques, le plus souvent en complément d'un accompagnement naturopathique.

En quoi consistent ces pratiques

La cryothérapie consiste à exposer le corps, en partie ou en totalité, à un froid intense pendant une courte durée. Elle recouvre deux réalités très différentes : la cryothérapie localisée (application de froid sur une zone précise, proche des poches de glace ou packs froids utilisés en récupération sportive) et la cryothérapie corps entier, pratiquée dans une cabine ou chambre à très basse température (parfois en dessous de -100 °C, à l'aide d'azote liquide ou d'air refroidi). Un rapport d'évaluation de l'Inserm publié le 15 juin 2019, réalisé à la demande du ministère de la Santé, conclut que les effets positifs observés pour la cryothérapie corps entier restent « modestes et mesurés uniquement à très court terme », la qualité méthodologique des études disponibles étant jugée insuffisante pour conclure à une efficacité établie, quelle que soit l'indication étudiée (douleurs musculaires post-effort, lombalgies, fibromyalgie, maladies inflammatoires rhumatismales, sclérose en plaques, troubles anxieux, psoriasis, asthme).

La pressothérapie est une compression pneumatique intermittente : des bottes, manchons ou une ceinture gonflables exercent une pression rythmée sur un membre pour stimuler la circulation sanguine et lymphatique, en imitant les gestes d'un drainage lymphatique manuel. En usage médical (insuffisance veino-lymphatique, œdème documenté), les séances durent généralement une trentaine de minutes, à des pressions de l'ordre de 25 à 120 mmHg.

L'hydrothérapie désigne l'usage thérapeutique de l'eau sous toutes ses formes (bains, douches, jets, immersion), une pratique très ancienne. Sa version moderne est généralement rattachée à l'Allemand Vincenz Prießnitz (1799-1851), et sa popularisation en Europe à l'abbé bavarois Sebastian Kneipp (1821-1897), qui l'a associée à la phytothérapie, à l'exercice physique et à l'alimentation dans une méthode globale décrite dès 1886 dans son ouvrage Meine Wasserkur. En France, l'hydrothérapie se décline aujourd'hui en trois grandes familles : la balnéothérapie (soins par l'eau en général), le thermalisme (eaux minérales de source, dans des établissements thermaux agréés) et la thalassothérapie (usage de l'eau de mer, du climat marin et des algues, en établissement spécialisé du littoral).

À qui elles s'adressent

Ces techniques sont le plus souvent proposées à des personnes en recherche de récupération après l'effort, de détente, de confort circulatoire (sensation de jambes lourdes, rétention d'eau) ou de bien-être général — jamais comme un traitement d'une pathologie diagnostiquée. La pressothérapie médicale (sur prescription, pour une insuffisance veino-lymphatique ou un lymphœdème avérés) et la cryothérapie corps entier en cabine relèvent d'un cadre différent, réservé à des professionnels de santé (voir « Cadre & qualification » ci-dessous) : dans le cadre d'un accompagnement de bien-être proposé par un praticien non-médecin, il ne s'agit ni d'un diagnostic ni d'un traitement médical. En cas de symptôme ou de trouble de santé, ces techniques ne remplacent pas un avis médical.

Comment se déroule une séance

Le déroulé varie selon la technique et le praticien : application locale de froid ou séance en cabine pour la cryothérapie, pose de manchons ou de bottes gonflables reliés à un compresseur pour la pressothérapie, bain, douche ou immersion pour l'hydrothérapie — parfois combinées entre elles ou avec d'autres techniques de bien-être (massage, naturopathie) au cours d'une même séance. Le contenu précis, la durée et le tarif varient sensiblement d'un praticien à l'autre ; ils sont indiqués sur chaque fiche praticien.

Cadre & qualification

Aucune de ces trois techniques, utilisée dans un cadre de bien-être, ne constitue une profession de santé réglementée : il n'existe pas de diplôme d'État ni de certification RNCP/RS spécifique à ce trio de techniques. Des modules d'hydrothérapie ou de pressothérapie peuvent en revanche figurer dans des formations plus larges du secteur spa et esthétique (par exemple les formations de spa-praticien) ; une recherche sur France Compétences n'a fait apparaître aucune certification RNCP/RS portant spécifiquement sur cette combinaison de techniques telle que proposée par les praticiens Paralib.

Un point de vigilance légale important concerne la cryothérapie corps entier en cabine : en réponse à une question du sénateur Yves Détraigne sur l'absence d'encadrement de la cryothérapie, le ministère chargé de la Santé a rappelé, dans une réponse publiée le 19 mars 2020, que les cabines de cryothérapie corps entier sont qualifiées de dispositifs médicaux au sens du droit européen, et que le rapport de l'Inserm commandé par les autorités de santé « conclut que cette pratique pose de réels problèmes de sécurité qui nécessitent de la réserver aux professionnels de santé ». Le code de la santé publique réserve en effet cet usage aux médecins et aux masseurs-kinésithérapeutes ; toute autre personne qui la pratiquerait à visée thérapeutique s'expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine. Le rapport Inserm 2019 recense par ailleurs des effets indésirables documentés (brûlures locales, céphalées, urticaire chronique au froid, troubles digestifs, un cas d'amnésie transitoire, un cas de dissection aortique). La cryothérapie localisée proposée en bien-être (application de froid sur une zone, sans cabine) ne relève pas de ce même encadrement réglementaire, mais partage les mêmes contre-indications de bon sens (troubles de la sensibilité au froid, pathologies cardiovasculaires).

La pressothérapie proposée en cabinet de bien-être partage les contre-indications identifiées en usage médical : troubles cardiaques, hypertension artérielle non traitée, phlébite ou thrombose veineuse (le déplacement d'un caillot par la pression pouvant provoquer un accident vasculaire grave), insuffisance respiratoire ou rénale, artérite sévère, tumeur, infection ou inflammation cutanée sur la zone traitée, grossesse (au niveau de la ceinture abdominale). Un praticien sérieux interroge ces antécédents avant toute séance et oriente vers un médecin en cas de doute.

L'hydrothérapie de bien-être (balnéothérapie) n'est pas réglementée en tant que telle ; le thermalisme, lorsqu'il est prescrit par un médecin dans un établissement thermal agréé (« cure thermale »), relève en revanche d'un cadre médical distinct, partiellement pris en charge par l'Assurance Maladie sous conditions.

Remboursement

Hors prescription médicale et établissement agréé, ces techniques ne sont pas prises en charge par l'Assurance Maladie. La pressothérapie peut être partiellement remboursée sur prescription médicale pour une pathologie veino-lymphatique documentée (dispositif inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables) ; une cure thermale prescrite par un médecin peut également être prise en charge sous conditions. Certaines mutuelles proposent un forfait annuel « médecines douces » qui peut couvrir tout ou partie du coût des séances de bien-être ; les conditions varient selon les contrats.