En quoi consiste l'intégration des réflexes archaïques
Les « réflexes archaïques » (ou réflexes primitifs) désignent, en neurologie du développement, des mouvements automatiques involontaires présents chez le nouveau-né en réponse à certains stimuli — succion, préhension, réflexe de Moro, marche automatique, entre autres. Pilotés par le tronc cérébral, ils s'estompent normalement entre le troisième et le sixième mois de vie, à mesure que le cortex prend le relais dans la maturation neurologique de l'enfant. Il s'agit d'un concept médical classique, utilisé en routine par les pédiatres et les sages-femmes lors de l'examen du nouveau-né. Une synthèse médicale de référence (StatPearls / NCBI Bookshelf) souligne toutefois qu'aucun instrument d'évaluation universellement reconnu n'existe pour ces réflexes, que la technique de l'examinateur influence fortement le résultat de leur recherche, et qu'une variation individuelle importante existe.
Ce constat neurologique est distinct de la pratique de bien-être qui porte un nom voisin. À partir des années 1980-1990, plusieurs approches privées se sont développées pour proposer d'accompagner ou d'« intégrer » ces réflexes chez des enfants ou des adultes présentés comme les ayant « conservés » au-delà de l'âge attendu. La plus connue, la méthode MNRI (Masgutova Neurosensorimotor Reflex Integration), a été développée par la psychologue russe Svetlana Masgutova, qui en situe l'origine dans son intervention en 1989 auprès d'enfants blessés lors d'un accident ferroviaire en URSS ; elle s'appuie, selon la fondation qui porte son nom, sur les travaux de chercheurs en physiologie et psychologie du développement (Sechenov, Sherrington, Vygotski, Luria, Leontiev). D'autres écoles existent, sans lien organisationnel entre elles : l'INPP (Institute for Neuro-Physiological Psychology), fondé en 1975 au Royaume-Uni par le psychologue Peter Blythe puis dirigé par Sally Goddard Blythe ; le RMT (Rhythmic Movement Training), développé en Suède par Harald Blomberg ; ou l'IMP (Intégration Motrice Primordiale), créée en France en 2011. Selon le Conseil National Professionnel des Psychomotriciens (CNPP), ces approches partagent une partie de leur origine historique avec la kinésiologie et le Brain Gym, développés à partir des travaux de Paul Dennison dans les années 1970-1980 — voir la page Paralib consacrée à la kinésiologie pour le cadre complet de cette profession parente. En France, une association de praticiens, l'AFReM (Association francophone Réflexes et Mouvements, loi 1901 fondée en 2016), fédère une partie de ces professionnels, sans valeur d'organisme d'État.





