En quoi consiste cette pratique

La rééducation périnéale (ou rééducation périnéo-sphinctérienne) regroupe des techniques visant à redonner au plancher pelvien — l'ensemble des muscles qui soutiennent la vessie, l'utérus et le rectum — un tonus et une coordination corrects. Selon les recommandations professionnelles de l'ANAES (devenue Haute Autorité de Santé), publiées en décembre 2002 sur la rééducation dans le cadre du post-partum, la grossesse et l'accouchement peuvent affaiblir ce plancher pelvien : le même document rapporte une incontinence urinaire présente chez 15 % à 40 % des femmes en post-partum selon les études, et une diminution de la force périnéale maximale entre la 6e et la 8e semaine suivant l'accouchement.

Les techniques les plus utilisées, toujours selon ce document, sont les exercices actifs du plancher pelvien et le biofeedback instrumental (un appareil restitue au patient, sous forme de signal visuel ou sonore, l'intensité de sa contraction musculaire). L'électrostimulation (sonde reliée à un appareil délivrant un courant de faible intensité) est également utilisée, mais l'ANAES recommande la prudence en cas de lésion nerveuse récente — fréquente après un accouchement — car elle pourrait retarder la régénération nerveuse.

À qui elle s'adresse

D'après l'ANAES/HAS, la prescription d'une rééducation du post-partum ne doit pas être systématique : elle découle des symptômes constatés lors de la consultation postnatale (6 à 8 semaines après l'accouchement), notamment une gêne ou une douleur périnéale persistante, une faiblesse musculaire persistante, ou une incontinence urinaire ou anale persistante. En dehors du contexte post-partum, la rééducation périnéale est également proposée, d'après le site officiel ameli.fr, comme traitement de première intention de l'incontinence urinaire d'effort, quel que soit l'âge ou le sexe de la personne concernée.

Cette rééducation ne traite pas toutes les situations : selon l'ANAES, il n'est pas démontré qu'elle prévienne l'incontinence chez des femmes qui n'en présentent pas de symptôme, et elle n'est donc pas recommandée à titre préventif systématique. En cas de fuites urinaires, de douleurs pelviennes ou de pesanteur persistantes, consultez d'abord un médecin, un gynécologue, un urologue ou une sage-femme afin d'écarter une cause nécessitant un autre traitement.

Comment se déroule une séance

La prise en charge commence par un bilan : interrogatoire sur les symptômes (douleur, fuites, gêne fonctionnelle) et évaluation manuelle de la force musculaire périnéale (le « testing »), complétée si besoin par un calendrier mictionnel ou une mesure de la qualité de vie. Les séances associent ensuite, selon les besoins identifiés lors du bilan, un travail actif de contraction et relâchement du plancher pelvien, du biofeedback instrumental et, plus rarement, de l'électrostimulation. L'ANAES précise que dix à vingt séances au maximum sont habituellement proposées, un nombre pouvant être ajusté (dix à quinze séances supplémentaires) si l'amélioration est jugée insuffisante à l'issue d'une première série.

Sur le plan du remboursement, l'Assurance Maladie prend en charge les séances effectuées en cabinet de sage-femme ou de masseur-kinésithérapeute, sur prescription médicale, selon les modalités habituelles de remboursement des actes de kinésithérapie ou de sage-femme ; les modalités précises (nombre de séances couvertes, taux) sont à vérifier au cas par cas auprès de l'Assurance Maladie, notamment lorsque la prise en charge intervient plusieurs années après l'accouchement.

Cadre & qualification

La rééducation périnéale n'est pas un métier ni une profession distincts : c'est un acte pratiqué dans le cadre de deux professions de santé réglementées, le masseur-kinésithérapeute (diplôme d'État) et la sage-femme (diplôme d'État). Nous n'avons pas identifié de certification RNCP ou RS autonome dédiée spécifiquement à la rééducation périnéale sur le répertoire de France Compétences ; il ne s'agit donc pas d'un titre à part, mais d'une compétence exercée dans le cadre de ces diplômes, éventuellement approfondie par une formation complémentaire — par exemple le diplôme inter-universitaire (DIU) de rééducation pelvi-périnéale proposé par Sorbonne Université, ouvert aux kinésithérapeutes et sages-femmes diplômés (et, sous conditions, aux étudiants de dernière année), sur une année et environ 140 heures d'enseignement théorique et pratique.

Le cadre d'exercice diffère selon la profession. Le masseur-kinésithérapeute agit sur prescription médicale. La sage-femme, elle, peut pratiquer la rééducation périnéale de sa propre initiative dans un cadre précis, fixé par l'article L.4151-1 du code de la santé publique, qui lui reconnaît la pratique d'actes de suivi gynécologique de prévention : d'après le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes, elle peut ainsi prendre en charge une femme ayant déjà accouché en l'absence de pathologie avérée, ou une femme n'ayant jamais accouché en première intention si aucune pathologie sous-jacente n'est identifiée ; en présence d'une pathologie ou d'une indication post-chirurgicale, la prise en charge relève d'une prescription médicale et d'un autre professionnel.

Sur Paralib, cette technique est rattachée à la spécialité générale Réflexologie : ce rapprochement taxonomique est surprenant, la rééducation périnéale ne reposant sur aucun principe de réflexologie, et reflète vraisemblablement le fait que plusieurs praticiennes réflexologues actives sur Paralib mentionnent aussi cette compétence, généralement acquise via une formation initiale de sage-femme ou de kinésithérapeute exercée en parallèle. Dans la pratique de terrain, la rééducation périnéale relève des compétences des masseurs-kinésithérapeutes et des sages-femmes diplômés d'État, non de la réflexologie.

Praticiens Paralib

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