En quoi consiste ce métier

La masso-kinésithérapie est définie par le code de la santé publique comme la « promotion de la santé, la prévention, le diagnostic kinésithérapique et le traitement » des troubles du mouvement et des incapacités fonctionnelles, par des moyens manuels, instrumentaux et éducatifs. Le kinésithérapeute évalue la situation du patient, fixe des objectifs de rééducation et choisit les techniques à mettre en œuvre, dans le cadre d'une prescription médicale ou, depuis peu et de façon expérimentale, en accès direct (voir plus bas). La France compte plusieurs dizaines de milliers de kinésithérapeutes, exerçant en cabinet libéral, à l'hôpital, en centre de rééducation, en EHPAD ou en établissement thermal.

À qui elle s'adresse

On consulte un kinésithérapeute pour des troubles très divers touchant le mouvement et la fonction motrice : rééducation après une chirurgie orthopédique (genou, épaule, hanche), suites de fracture ou de traumatisme, affections rhumatologiques, troubles neurologiques (AVC, maladies neuro-dégénératives), affections respiratoires et cardio-vasculaires, rééducation périnéale, troubles de l'équilibre, ou encore accompagnement du sportif. La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations spécifiques par pathologie, par exemple après une chirurgie du genou ou de l'épaule, ou pour la préservation des capacités motrices des personnes âgées à domicile.

Le kinésithérapeute intervient à tous les âges de la vie, y compris en pédiatrie.

Comment se déroule un accompagnement

La première séance comprend un bilan diagnostic kinésithérapique : le praticien évalue la situation du patient et détermine, en lien avec la prescription médicale le cas échéant, les objectifs et le programme de soins. Le déroulé et le nombre de séances varient ensuite fortement selon la pathologie et les référentiels de la Haute Autorité de Santé associés ; au-delà d'un certain nombre de séances, une entente préalable ou un nouveau bilan peut être nécessaire. Les techniques mobilisées sont variées : mobilisations articulaires, massages dont le drainage lymphatique manuel, rééducation respiratoire, électrothérapie, thermothérapie, hydrothérapie ou pressothérapie, selon les besoins identifiés.

Cadre et qualification

La kinésithérapie est une profession de santé réglementée. L'exercice est réservé aux titulaires du diplôme d'État de masseur-kinésithérapeute (DE MK), qui confère le grade de master et se prépare en cinq ans après une première année universitaire d'accès (PASS, L.AS, STAPS ou L1 Santé) suivie de quatre années en institut de formation. Ce diplôme est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles sous la fiche RNCP40025 (niveau 7), qui a remplacé au 1er janvier 2025 l'ancienne fiche RNCP28353.

Tout kinésithérapeute doit être inscrit au tableau de l'Ordre des masseurs- kinésithérapeutes pour exercer légalement en France. Les actes réalisés sur prescription médicale sont pris en charge par l'Assurance Maladie à hauteur de 60 % du tarif conventionnel (100 % dans certains cas : affection de longue durée, accident du travail ou maladie professionnelle, maternité), avec une participation forfaitaire de 1 € par acte.

Une prescription médicale reste la règle générale pour bénéficier du remboursement. Depuis la loi du 19 mai 2023 et son décret d'application de juin 2024, une expérimentation permet toutefois un accès direct, sans ordonnance préalable et dans la limite de 8 séances, auprès des kinésithérapeutes exerçant au sein d'une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) ; un arrêté du 6 juin 2025 a fixé la liste des 20 départements concernés par cette expérimentation, prévue pour une durée de 5 ans.

Ce que la kinésithérapie ne remplace pas

Le kinésithérapeute n'est pas un médecin : il intervient le plus souvent en complément d'un diagnostic ou d'un traitement médical, en lien avec le médecin prescripteur. Il se distingue par exemple de l'ostéopathe, dont le statut réglementaire, la formation et les modalités de remboursement sont différents.