En quoi consiste cette pratique
Le terme « shiatsu » (littéralement « pression des doigts ») est employé pour la première fois en 1920 par Tenpeki Tamai dans son ouvrage Shiatsu Ryōhō, à la croisée de l'anma (massage traditionnel japonais) et de techniques venues d'Occident. Le ministère japonais de la Santé en donne depuis 1964 une définition officielle, citée par la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel (FFST) : une « technique qui utilise les mains pour exercer des pressions en des points déterminés[1] ». Selon les sources historiques disponibles, Tokujiro Namikoshi (1905-2000) est considéré comme le fondateur du shiatsu moderne, avec la création du Japan Shiatsu College à Tokyo en 1940 ; son élève Shizuto Masunaga réintroduit ensuite dans la pratique la théorie des méridiens issue de la médecine traditionnelle chinoise et fonde l'institut Iokai à Tokyo en 1968[2].
Le geste consiste à exercer des pressions des doigts, des paumes, parfois des coudes ou des genoux, le long de ces « méridiens » — une notion issue de la médecine traditionnelle asiatique, distincte de l'anatomie occidentale et non validée par la biomédecine. Contrairement à d'autres médecines traditionnelles asiatiques comme la médecine traditionnelle chinoise, la naturopathie, l'ostéopathie ou le Nuad Thaï, le shiatsu n'apparaît pas dans la liste des documents de référence (« WHO benchmarks for training in traditional/complementary and alternative medicine ») publiés par l'Organisation mondiale de la santé[3].
À qui s'adresse cette pratique
Les personnes qui consultent un praticien de shiatsu le font le plus souvent dans une démarche de bien-être : détente, gestion du stress, accompagnement du corps au quotidien. Il ne s'agit ni d'un diagnostic ni d'un traitement médical. La littérature scientifique indexée sur le sujet reste limitée : une revue systématique de référence portant sur le shiatsu et l'acupression n'a identifié que 9 études consacrées spécifiquement au shiatsu (contre 71 pour l'acupression) parmi plus de 1 700 publications examinées, concluant que « les preuves s'améliorent en quantité, en qualité et en rigueur de compte-rendu, mais davantage de recherches sont nécessaires, en particulier pour le shiatsu[4] ». Quelques essais contrôlés randomisés plus récents et de taille limitée rapportent des résultats préliminaires favorables sur des indications précises — anxiété et douleur pendant le travail chez des femmes nullipares en Indonésie[5], agitation chez des patients sous ventilation mécanique en réanimation[6] — mais leurs auteurs eux-mêmes appellent à des études plus larges avant toute généralisation. Une séance de shiatsu ne remplace donc jamais le suivi d'un médecin, en particulier face à une pathologie diagnostiquée.
Comment se déroule une séance
Selon la description qu'en donne la FFST, le receveur porte une « tenue confortable et souple » et s'installe, selon les besoins, « sur un futon moelleux au sol, ou une table de massage », ou reste en position assise si nécessaire[1]. La séance associe des pressions, des mobilisations articulaires et des étirements doux, le corps étant travaillé « de la tête aux pieds ». Cette approche est présentée par la fédération comme agissant sur le système des méridiens d'acupuncture pour favoriser la détente — une explication qui relève du cadre traditionnel de la discipline et non d'un mécanisme validé par la biomédecine. Les durées et tarifs pratiqués varient d'un praticien à l'autre : ils sont indiqués sur chacune des fiches des praticiens Paralib référencés ci-dessous.
Cadre et niveau de reconnaissance
Le métier de praticien de shiatsu n'est pas une profession de santé réglementée en France : aucune loi n'en définit la durée de formation ni les conditions d'exercice, et le titre n'est pas protégé. Comme les autres massages de bien-être, il n'est pas concerné par le monopole des masseurs-kinésithérapeutes, celui-ci étant recentré depuis la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 sur les seuls actes à finalité thérapeutique (article L.4321-1 et articles R.4321-1 à R.4321-3 du code de la santé publique) ; la Cour de cassation l'a confirmé dans un arrêt du 29 juin 2021[7].
Point à souligner pour la rigueur de cette page : trois certifications ont existé au registre officiel de France Compétences pour des pratiques liées au shiatsu, et aucune n'est active en 2026. Le titre RNCP23661 « Spécialiste en Shiatsu », porté par le Syndicat des Professionnels de Shiatsu (SPS), enregistré en 2010 et renouvelé jusqu'au 25 juillet 2020, n'a pas été reconduit après un avis défavorable de la commission de France Compétences motivé par un niveau d'insertion professionnelle jugé insuffisant — un non-renouvellement qui a fait l'objet de questions écrites à l'Assemblée nationale[8]. Le RNCP32026 « Technicien en accu pression énergétique et shiatsu », délivré par l'Académie de Shiatsu de Disciplines Énergétiques Sportives et Culturelles, est inactif depuis le 4 janvier 2022. La fiche RS5450 « Mettre en place un shiatsu traditionnel dans son activité professionnelle », portée par la FFST, est inactive depuis mai 2024[9]. Le site du SPS continue de présenter son titre comme un « titre professionnel RNCP » à ce jour[10] ; c'est toutefois le registre officiel de France Compétences, qui fait foi, qui indique son statut inactif.
En dehors de ces titres d'État aujourd'hui inactifs, la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel (FFST), fondée en 1994, structure une partie de l'offre de formation : elle habilite une cinquantaine d'écoles et une soixantaine de formateurs, impose à ses adhérents un code de déontologie, et délivre à l'issue d'un parcours fédéral d'environ 500 heures un certificat de praticien reconnu par la fédération — une certification interne à la FFST, distincte d'un titre d'État[11].
Vigilance et repères
Dans son rapport d'activité 2022-2024, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) indique que la santé et le bien-être constituent désormais le premier motif de signalement reçu (37 %), en citant nommément le reiki, le magnétisme et la kinésiologie parmi les pratiques non conventionnelles particulièrement surveillées[12]. Le shiatsu n'apparaît pas parmi les pratiques nommément citées dans les extraits consultés de ce rapport — une absence constatée dans les sources disponibles, non une certitude définitive et exhaustive sur l'intégralité du document.
Aucune fédération professionnelle ni source médicale française n'a été identifiée publiant une liste précise de contre-indications au shiatsu. Le seul repère institutionnel trouvé sur ce point concerne les personnes traitées pour un cancer : l'organisme britannique de recherche Cancer Research UK recommande la prudence en cas de lymphœdème (risque d'aggravation) ou de fragilité osseuse liée au traitement (risque de fracture)[13]. Dans tous les cas, il est recommandé de signaler à son praticien tout traitement médical en cours ou toute grossesse avant une séance.
Praticiens Paralib
Le shiatsu est proposé par des praticiens partout en France. Retrouvez les praticiens référencés sur Paralib ci-dessous.
Mention de prudence santé
Le shiatsu est une pratique de bien-être et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptôme ou de pathologie, consultez un médecin.
Voir aussi
D'autres pratiques proposées par les praticiens Paralib, à ne pas confondre avec le shiatsu : Acupression / Digitopuncture, Médecine traditionnelle chinoise, Réflexologie (général), Massage bien-être (général).