En quoi consiste cette pratique
Le mot « somatothérapie » recouvre deux réalités très différentes, qu'il est important de ne pas confondre. En psychiatrie, il désigne classiquement le traitement des troubles mentaux par des moyens physiques ou biologiques — électroconvulsivothérapie, traitements médicamenteux, stimulation cérébrale — par opposition à la psychothérapie (source : article encyclopédique dédié, Psychiatric somatotherapy). C'est un sens médical établi, sans rapport avec le sujet de cette page. Dans le champ du bien-être et du développement personnel — celui qui concerne les praticiens présentés ici — la somatothérapie désigne un ensemble d'approches qui intègrent le corps au travail thérapeutique ou d'accompagnement. Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL, unité du CNRS) la définit ainsi : « toutes les approches thérapeutiques qui travaillent sur le fonctionnement du vécu corporel » (source : CNRTL, définition « somatothérapie », citant Psychologies, janvier 1989).
En France, la discipline est structurée par une fédération professionnelle dédiée, la Fédération Française de Somato-psychothérapie et de Somatothérapie (FF2S), qui la définit comme réunissant « les praticiens qui intègrent le corps à leur travail de psychothérapie, de développement personnel et de formation », autour du concept de « somatothérapie intégrative » (source : FF2S, page « Qui sommes-nous »). La FF2S est elle-même membre de la Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse (FF2P, créée en 1995) ; elle est issue de l'Association Française de Somatothérapie, fondée le 22 mai 1994 et renommée FF2S le 30 avril 2006 (source : FF2S).
La paternité du terme et de la discipline est attribuée par plusieurs sources au Dr Richard Meyer, psychiatre, psychanalyste et docteur en sociologie, fondateur de l'École Européenne de Psychothérapie Socio et Somato-Analytique (EEPSSA, Lipsheim, près de Strasbourg) — étant précisé que les sources ne s'accordent pas sur la date de fondation de cette école (« depuis 1990 » selon l'association de vigilance UNADFI, plutôt « une trentaine d'années » selon l'école elle-même), point que nous laissons volontairement non tranché (sources : EEPSSA ; UNADFI). À l'échelle internationale, un champ plus large de pratiques dites de « psychothérapie corporelle » (« body psychotherapy ») se réclame de l'héritage du psychanalyste autrichien Wilhelm Reich (années 1930, théorie de la « cuirasse musculaire ») puis de ses élèves Alexander Lowen (analyse bioénergétique) et John Pierrakos (Core Energetics), ainsi que de Gerda Boyesen (psychologie biodynamique) — mais il faut noter que la page de présentation de la FF2S elle-même ne cite aucun de ces noms : ce lignage concerne le champ international plus large, pas nécessairement l'histoire propre revendiquée par la fédération française (sources : article encyclopédique « Body psychotherapy » ; FF2S).
Une zone de recouvrement existe avec la page « Thérapie psychocorporelle » présentée par ailleurs sur Paralib : les sources consultées ne permettent pas de trancher clairement si « somatothérapie » et « thérapie psychocorporelle » désignent la même chose, des courants voisins, ou des lignées distinctes qui se recoupent partiellement dans la pratique. Nous le signalons explicitement plutôt que de trancher à tort ; les deux pages peuvent utilement être lues en complément l'une de l'autre pour resituer chaque praticien dans son courant de formation.




