En quoi consiste l'hypnose humaniste
L'hypnose humaniste est un courant de l'hypnose développé en France au sein de l'Institut Français d'Hypnose Humaniste & Ericksonienne (IFHE), fondé en 1995 par Olivier Lockert et Patricia D'Angeli, que l'institut présente comme le premier centre de formation à l'hypnose thérapeutique d'Europe. Le courant lui-même, formalisé sous ce nom dans les années qui ont suivi, se positionne comme une variante de l'hypnose se distinguant des approches plus classiques : plutôt que de chercher à réduire l'état de conscience de la personne, il vise à l'« augmenter », en la gardant éveillée, active et impliquée tout au long de la séance.
Le principe central, mis en avant par l'IFHE, est l'obtention d'un « état de conscience augmentée » par une induction dite « en ouverture », à l'inverse des inductions hypnotiques classiques qui recherchent un relâchement ou une dissociation. Un média indépendant spécialisé en santé décrit cet état comme un état modifié « sans dissociation », rapproché par certains praticiens d'un état de pleine présence proche de la méditation. Le travail s'appuie sur des échanges, des symboles et des métaphores plutôt que sur des suggestions directes ; le praticien y est présenté comme un guide plutôt que comme la personne qui dirige le processus.
À qui elle s'adresse
Comme les autres courants de l'hypnose, les personnes qui consultent un praticien d'hypnose humaniste le font le plus souvent pour un accompagnement du stress, de l'anxiété, de troubles du sommeil, d'une phobie, d'une difficulté liée au tabac, ou pour se préparer à un événement ou une transition de vie. Il s'agit, en dehors d'un cadre médical, d'un accompagnement de bien-être : il ne vise ni à poser un diagnostic, ni à traiter une pathologie.
L'IFHE présente la dimension « participative » de cette approche — la personne resterait plus active et moins passive que dans d'autres formes d'hypnose — comme l'un de ses arguments distinctifs. Cette présentation provient de l'école à l'origine de la méthode ; à ce jour, aucune évaluation scientifique indépendante spécifique à l'hypnose humaniste n'a été identifiée pour la confirmer. Plus largement, sur l'hypnose en général, l'Association française pour l'information scientifique (Afis) rappelle que le niveau de preuve d'un effet bénéfique reste faible ou peu clair en dehors du champ de la douleur et de l'anesthésie, et que les mécanismes en jeu demeurent mal compris.
Comment se déroule une séance
Une séance débute en général par un temps d'échange sur la demande de la personne. Vient ensuite l'induction proprement dite : à la différence d'une induction hypnotique classique, celle-ci est dite « en ouverture » et cherche à maintenir, voire renforcer, la vigilance et la participation active de la personne plutôt qu'à l'endormir. Le travail se fait ensuite à partir de symboles, d'images ou de métaphores évoqués par la personne elle-même, le praticien l'accompagnant dans cette exploration sans lui suggérer directement une solution. Le nombre de séances nécessaires varie selon la problématique et l'approche du praticien.
Cadre et niveau de reconnaissance
Comme pour l'hypnose en général, le titre d'« hypnothérapeute » n'est pas un titre protégé en France, quel que soit le courant pratiqué : il n'existe ni diplôme d'État, ni certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) pour cette activité, une demande d'enregistrement ayant été rejetée par le ministère chargé de la Santé. La Cour de cassation a par ailleurs jugé, dans un arrêt du 9 mars 2010, que la pratique de l'hypnose à des fins de diagnostic ou de traitement d'une pathologie, en dehors d'un cadre médical, peut caractériser le délit d'exercice illégal de la médecine.
L'IFHE, école à l'origine du courant, délivre ses propres certifications de formation ; il s'agit d'une reconnaissance interne à l'école et à son réseau, non d'un diplôme d'État ni d'un titre RNCP. Des fédérations comme la Confédération francophone d'hypnose et de thérapies brèves (CFHTB), qui rassemble plus de trente instituts de formation, réservent quant à elles leurs formations à l'hypnose clinique et thérapeutique aux professionnels de santé déjà diplômés. Un praticien non-professionnel de santé formé à l'hypnose humaniste propose donc un accompagnement de bien-être, sans viser un diagnostic ou le traitement d'une pathologie.
Les pratiques d'hypnose figurent, plus largement, parmi les approches non conventionnelles suivies avec attention par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), notamment en raison de la vulnérabilité de la personne pendant un état modifié et de l'absence d'encadrement du titre de praticien. Avant de prendre rendez-vous, il est recommandé de vérifier le profil affiché sur la fiche du praticien (professionnel de santé ou non) et sa formation.