En quoi consiste cette pratique
Le neurofeedback (parfois appelé neurothérapie) est une forme de biofeedback : des capteurs posés sur le cuir chevelu enregistrent l'activité électrique du cerveau (électro-encéphalogramme, EEG) et restituent cette information à la personne sous forme de signal sonore ou visuel, afin qu'elle apprenne progressivement à moduler son activité cérébrale. C'est la définition qu'en donne l'Ordre des psychologues du Québec (OPQ) dans un avis officiel remis en 2016 à l'Office des professions du Québec, le document le plus complet identifié sur le sujet.
Cet avis distingue trois grandes familles de protocoles de neurofeedback : un protocole guidé par un électro-encéphalogramme quantitatif (qEEG), qui compare l'activité du cerveau à une base de données normative pour cibler des fréquences précises à corriger ; un protocole guidé par le trouble, où un schéma prédéterminé est appliqué selon la difficulté identifiée ; et un protocole guidé par un modèle théorique, où le même déroulé général est appliqué quel que soit le motif de consultation. L'avis de l'OPQ cite explicitement, dans cette troisième catégorie, « l'approche de Zengar (www.neuroptimal.com) », en précisant qu'en France, l'Association pour la diffusion du neurofeedback (ADNF) a choisi de la recommander. C'est cette famille, dite neurofeedback dynamique ou non linéaire, que documente cette page, sous son nom commercial le plus répandu, NeurOptimal®.
Les sites de formation et de pratique du secteur attribuent la mise au point de cette technologie, il y a plus de vingt ans, aux psychologues cliniciens canadiens Val et Sue Brown, au sein de l'institut Zengar — une origine relayée de façon récurrente par ces sources, qu'aucune source indépendante consultée n'est venue confirmer ni contredire de manière vérifiable ; elle est donc rapportée ici comme telle, sans validation indépendante. Sur le plan du déroulé, ces mêmes sources décrivent un dispositif à cinq capteurs posés sur le cuir chevelu, qui détectent en continu l'activité électrique cérébrale : lorsqu'une variation est repérée, un contenu audio (le plus souvent une musique) que la personne écoute est brièvement interrompu, sans qu'aucune consigne, objectif ou état à atteindre ne lui soit imposé — à la différence du neurofeedback « guidé » décrit plus haut, qui vise expressément une fréquence ou un état cible.
À qui elle s'adresse
Sur le plan de la preuve scientifique, l'avis de l'OPQ situe le neurofeedback, pris dans son ensemble, au niveau 3 sur une échelle de 5 (« probablement efficace ») pour les symptômes d'inattention associés au trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), tout en précisant qu'aucune donnée ne permet d'affirmer un effet sur l'hyperactivité/l'impulsivité, que les études avec condition placebo manquent encore, et que la communauté scientifique n'est pas unanime sur ce degré d'efficacité. En France, la Haute Autorité de santé (HAS), dans sa recommandation de 2024 sur le TDAH de l'enfant, est plus tranchée : « il n'y a pas de niveau de preuve suffisant pour proposer le neurofeedback comme traitement du TDAH », une approche expressément placée, avec l'entraînement cognitif ou les programmes de pleine conscience, parmi celles qui ne sont pas recommandées dans le traitement spécifique de ce trouble.
Un point de prudence supplémentaire s'impose : ces deux évaluations (OPQ et HAS) portent sur le neurofeedback en général, sans distinguer la variante dynamique/non directive documentée ici des protocoles guidés par qEEG ou par le trouble. Aucune évaluation indépendante spécifiquement centrée sur l'approche non directive (NeurOptimal®) n'a été identifiée lors de la recherche menée pour cette page. Dans la pratique, les personnes qui s'orientent vers cet accompagnement le font généralement dans une démarche de bien-être général (gestion du stress, qualité du sommeil, sensation de fatigue mentale) plutôt que dans le cadre d'un diagnostic posé ; il ne s'agit dans tous les cas ni d'un acte de diagnostic, ni d'un traitement au sens médical.
Comment se déroule une séance
Selon la description qu'en donnent les sources de la discipline, une séance débute par la pose de quelques capteurs sur le cuir chevelu (généralement au sommet du crâne et derrière les oreilles), sans préparation particulière ni gel abrasif. La personne s'installe confortablement, les yeux fermés ou face à un écran, et écoute un contenu audio dont le déroulé est brièvement interrompu à chaque variation détectée dans l'activité électrique du cerveau. Contrairement à d'autres formes de neurofeedback, aucun effort actif ni concentration particulière n'est demandé pendant la séance, et la méthode ne s'appuie sur aucune évaluation ni conclusion de type diagnostique. La durée d'une séance et son tarif varient d'un praticien à l'autre ; retrouvez ces informations directement sur les fiches des praticiens listés ci-dessous.
Cadre et niveau de reconnaissance
Le neurofeedback dynamique ne constitue pas une profession de santé réglementée en France : aucun titre n'est protégé et la recherche menée sur le registre officiel de France Compétences n'a permis d'identifier aucune certification RNCP ou RS enregistrée à l'intitulé « neurofeedback » ou « NeurOptimal ». La référence de certification la plus exigeante identifiée au niveau international est celle de la Biofeedback Certification International Alliance (BCIA), représentée en francophonie par l'Association francophone de biofeedback et de neurofeedback (AFBN), association à but non lucratif enregistrée en France, qui préconise des pratiques cliniques adaptées auprés de ses membres. L'Association pour la diffusion du neurofeedback en France (ADNF), citée par l'avis de l'OPQ, recommande spécifiquement l'approche non directive documentée ici.
L'avis de l'OPQ, tout en portant sur le contexte québécois, formule une mise en garde qui garde sa pertinence ailleurs : l'équipement de neurofeedback peut s'acquérir facilement sur internet, ce qui expose, selon les termes de l'Ordre, à des « publicités [au] caractère exagéré » et au risque qu'un service soit proposé par des personnes non qualifiées dans une simple logique d'« opportunité d'affaires ». La recherche menée pour cette page n'a identifié aucune mise en garde nommément dirigée contre le neurofeedback par la Miviludes ou l'UNADFI à ce jour ; ce constat de recherche est signalé comme tel, et ne vaut ni confirmation ni infirmation définitive. Il est recommandé de vérifier la formation du praticien consulté (certification BCIA le cas échéant) avant de prendre rendez-vous.
Dans quelle activité la rencontre-t-on
Sur Paralib, cette technique est rattachée à la catégorie « Hypnothérapie ». Ce rattachement relève d'une convention de classement plutôt que d'une parenté de nature entre les deux pratiques : le neurofeedback repose sur l'enregistrement de l'activité électrique cérébrale et un apprentissage progressif du cerveau, sans état modifié de conscience ni suggestion, à la différence de l'hypnose telle que la décrit la page Paralib qui lui est consacrée. Ce point est signalé pour information à l'équipe éditoriale, à qui revient l'arbitrage final de taxonomie.