En quoi consiste cette pratique
L'Internal Family Systems (IFS) a été développé dans les années 1980 par Richard C. Schwartz, thérapeute familial américain devenu psychiatre associé à la Harvard Medical School. En écoutant ses patients décrire leur vécu intérieur en termes de « parties » en conflit, il a eu l'idée d'appliquer à l'intérieur de la personne les outils de la thérapie familiale systémique : le modèle traite les différentes facettes de la personnalité comme les membres d'un système, plutôt que comme des symptômes à corriger. Schwartz a fondé l'IFS Institute en 2000 pour structurer la formation et la diffusion du modèle.
Le modèle distingue deux éléments : le Self, un noyau intérieur stable décrit comme naturellement calme, curieux, compatissant et confiant, et les « parties », sous-personnalités organisées entre elles à la façon d'un système familial. Ces parties sont réparties en trois grandes catégories : les parties « exilées », porteuses de blessures ou de souvenirs douloureux ; les « managers », qui tentent de contrôler le quotidien pour éviter que ces blessures ne soient réactivées ; et les « pompiers », qui interviennent dans l'urgence, de façon parfois impulsive, pour étouffer une détresse déjà déclenchée. L'objectif de la thérapie est d'aider la personne à accéder à son Self pour entrer en relation avec ses parties, plutôt que d'être submergée par elles.
À qui elle s'adresse
L'IFS est mobilisée par des psychothérapeutes, psychologues ou psychopraticiens sur des problématiques variées : difficultés liées à des expériences passées, anxiété, estime de soi, ou conflits intérieurs ressentis comme des « voix » ou des tendances contradictoires. Une revue de portée parue en 2025 dans l'Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, qui recense la littérature scientifique disponible sur le modèle, décrit des résultats prometteurs en particulier pour le stress post-traumatique, la dépression et la douleur chronique — tout en soulignant que cette littérature reste composée pour l'essentiel d'études de cas et de petits essais, avec peu d'essais contrôlés randomisés de grande ampleur par rapport à des approches plus anciennes comme les thérapies cognitivo-comportementales.
Deux études publiées illustrent cette littérature naissante : un essai contrôlé randomisé mené en 2013 auprès de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, qui a mis en évidence une amélioration de la douleur et des symptômes dépressifs dans le groupe suivant l'IFS par rapport à un groupe témoin ; et une étude pilote sans groupe témoin publiée en 2021, menée auprès de 17 adultes ayant un état de stress post-traumatique lié à des traumatismes multiples dans l'enfance, qui rapporte une réduction des symptômes en cours de suivi. Ces résultats, encourageants, demandent à être confirmés par des essais de plus grande ampleur avant de pouvoir être généralisés.
En cas de mal-être durable, de symptômes évocateurs d'un trouble psychique ou de toute souffrance liée à un événement traumatique, il est recommandé de consulter en priorité un médecin ou un professionnel de santé qualifié. Cette pratique ne remplace pas un avis médical.
Comment se déroule une séance
Le déroulé varie selon le praticien et le motif de consultation, mais suit généralement une progression commune au modèle : le thérapeute aide la personne à se centrer sur son Self, puis à identifier et « déméler » une partie active (protocole dit des « 6 F », de l'anglais Find, Focus, Flesh out, Feel, Befriend, Fear) avant d'obtenir, le cas échéant, l'accord des parties protectrices pour accéder aux parties plus vulnérables. Le travail se fait par le dialogue et l'écoute intérieure, sans mise en scène ni accessoire particulier. L'accompagnement peut se dérouler en individuel, mais aussi être adapté au travail de couple ou de famille. Il est recommandé de se renseigner directement auprès du praticien choisi sur sa formation, son niveau de certification IFS et son éventuel diplôme réglementé avant de prendre rendez-vous.
Cadre et niveau de reconnaissance
L'IFS n'est pas un métier réglementé ni un titre protégé en France : c'est une approche thérapeutique que peuvent mobiliser des professionnels aux statuts très différents. Seul le titre de « psychothérapeute » est protégé par la loi (décret n°2010-534 du 20 mai 2010, pris en application de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985) et réservé aux personnes inscrites au registre national tenu par les agences régionales de santé ; les psychologues et psychiatres relèvent quant à eux de leurs propres cadres réglementaires. De nombreux praticiens de l'IFS exercent en revanche sous des titres non protégés, comme celui de « psychopraticien » — un titre pour lequel l'Assemblée nationale a confirmé l'absence d'enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
La formation au modèle IFS lui-même est délivrée par l'IFS Institute, fondé par Richard Schwartz aux États-Unis, selon un parcours en plusieurs niveaux menant à une certification propre à l'organisme, et relayée dans le monde francophone par IFS-association. Notre recherche sur le moteur de France Compétences n'a fait apparaître aucune certification RNCP ou RS active portant sur l'IFS : il s'agit d'une certification privée, délivrée par l'organisme fondateur du modèle, qui atteste d'une formation suivie mais ne constitue pas un diplôme d'État.