En quoi consiste cette pratique
La morphopsychologie a été mise au point par Louis Corman (1901-1995), médecin psychiatre, qui a forgé le terme en 1937 dans son ouvrage Quinze leçons de morphopsychologie. Il a fondé en 1980 la Société française de morphopsychologie (SFM), qui se présente comme le seul organisme habilité à enseigner sa méthode dans le monde. L'approche part de l'idée que des « vitalités » internes façonneraient au fil de la vie la morphologie du visage, selon une « loi de dilatation-rétraction » : des conditions jugées favorables entraîneraient un développement (« dilatation ») de certaines zones du visage, des conditions défavorables un repli (« rétraction »). Sur cette base, un praticien observe la forme et les proportions du visage pour en tirer, selon cette approche, des indications sur le tempérament et le fonctionnement psychologique de la personne.
Cette « loi » n'a fait l'objet d'aucune validation scientifique indépendante : l'Association française pour l'information scientifique (AFIS) souligne qu'aucun travail de recherche expérimentale n'est venu corroborer les affirmations de la discipline, et l'article de Wikipédia consacré au sujet indique que le consensus scientifique la désigne comme une pseudo-science.
À qui elle s'adresse
Selon la SFM, les personnes qui consultent un morphopsychologue le font le plus souvent dans une démarche d'auto-connaissance, d'orientation scolaire ou professionnelle, ou pour éclairer une relation personnelle ou professionnelle. La SFM précise elle-même que la préparation qu'elle délivre « n'est pas un diplôme de psychologue professionnel » et « ne constitue pas une thérapie au sens médical » : ce n'est donc ni un acte de soin, ni un accompagnement psychologique reconnu comme tel.
Un point de vigilance concerne son usage en contexte de recrutement : l'AFIS documente le recours à la morphopsychologie par certains cabinets ou formateurs auprès d'entreprises pour évaluer des candidats. Or l'article L1132-1 du code du travail interdit explicitement d'écarter une personne d'une procédure de recrutement en raison de son apparence physique, celle-ci figurant parmi les critères de discrimination prohibés. L'AFIS relève par ailleurs que des entreprises citées comme référence par des organismes de formation en morphopsychologie ont démenti tout lien avec ces pratiques.
Comment se déroule une séance
D'après les descriptions disponibles auprès de praticiens et d'écoles de la discipline, une consultation individuelle se déroule en principe en face à face (la prise d'informations visuelles étant jugée nécessaire par les praticiens) : le morphopsychologue observe le visage, prend des notes et parfois des photographies, puis restitue oralement les grandes lignes de son analyse, complétées le cas échéant par un compte rendu écrit. La durée et le tarif d'une séance varient selon les praticiens ; les praticiens Paralib proposant cette spécialité et leurs conditions de consultation sont présentés ci-dessous.
Cadre et niveau de reconnaissance
Le titre de « morphopsychologue » n'est pas protégé par la loi et ne fait l'objet d'aucun diplôme d'État. Une recherche sur le registre officiel de France Compétences n'a permis d'identifier aucune certification RNCP ou RS active pour ce métier. La SFM, organisme fondé par le créateur de la méthode lui-même, délivre une « préparation au titre de morphopsychologue » par l'intermédiaire de professeurs qu'elle certifie : il s'agit d'un organisme de formation privé se présentant comme seul dépositaire de la méthode de Louis Corman, et non d'un ordre professionnel indépendant. La SFM indique elle-même, sur son propre site, que ce titre n'équivaut pas à un diplôme de psychologue et ne constitue pas une thérapie au sens médical.
Ce que dit la recherche
L'AFIS qualifie la morphopsychologie de discipline reposant sur des « lois » qu'elle décrit comme fantaisistes plutôt que scientifiquement établies, et rappelle qu'elle prolonge une tradition beaucoup plus ancienne, la physiognomonie, elle-même discréditée depuis le XIXe siècle. Selon l'AFIS, la recherche en psychologie de la personnalité s'appuie aujourd'hui sur la génétique, la neurobiologie et l'environnement, sans qu'aucune corrélation n'ait été établie entre ces facteurs et la morphologie du visage. L'article de Wikipédia consacré au sujet indique, dans le même sens, que la discipline est classée comme pseudo-science par le consensus scientifique et que sa présence dans le débat public reste aujourd'hui marginale.
Mention de prudence santé
La morphopsychologie n'est ni un acte médical ni une psychothérapie reconnue comme telle : elle ne permet pas d'établir un diagnostic et ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement psychologique. En cas de trouble psychique, de souffrance importante ou de symptôme, consultez un médecin ou un professionnel de santé.
Remboursement
Une séance de morphopsychologie n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie ; aucun dispositif de remboursement spécifique n'a été identifié. Certaines mutuelles proposent des forfaits « bien-être » ou « médecines douces » pouvant, selon les contrats, en couvrir une partie.