En quoi consiste cette pratique
La thérapie cranio-sacrée (parfois appelée « biodynamique cranio-sacrée ») repose sur l'hypothèse d'un « mouvement respiratoire primaire » : un mouvement rythmique subtil et involontaire, distinct de la respiration pulmonaire et du rythme cardiaque, qui affecterait les os du crâne, les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière, et la circulation du liquide céphalo-rachidien. Le praticien affirme pouvoir percevoir ce « rythme cranio-sacré » par une palpation très légère de la tête, du sacrum et de la colonne vertébrale, puis chercher à le « rééquilibrer ».
Cette théorie trouve son origine chez William Garner Sutherland (1873-1954), ostéopathe américain diplômé en 1900 de l'American School of Osteopathy. Vers 1898, en observant un crâne désarticulé, il remarque que les os crâniens sont biseautés d'une manière qui lui évoque, selon lui, un mouvement de type respiratoire ; il développe cette intuition en théorie du « mouvement respiratoire primaire » et fonde ainsi, au sein même de la profession ostéopathique américaine, ce qui deviendra l'« ostéopathie crânienne ».
La « thérapie cranio-sacrée » telle qu'elle est aujourd'hui proposée en dehors du cadre de l'ostéopathie doit beaucoup à John E. Upledger (1932-2012), lui-même ostéopathe américain. En 1971, lors d'une opération de la colonne à laquelle il assiste, il rapporte avoir observé un mouvement rythmique des membranes spinales qu'il ne parvenait pas à immobiliser manuellement. De 1975 à 1983, il est chercheur clinique et professeur de biomécanique à la Michigan State University, où il est chargé de tester la théorie de Sutherland avec une équipe pluridisciplinaire. Il développe ensuite sa propre méthode, la « CranioSacral Therapy », qu'il diffuse hors du champ académique de l'ostéopathie : il fonde en 1985 l'Upledger Institute (Floride, États-Unis), qui forme depuis des praticiens de profils très variés, professionnels de santé ou non.





