En quoi consiste cette pratique
La zoothérapie, aussi appelée médiation animale, désigne le recours à un animal comme intermédiaire dans un accompagnement à visée éducative, sociale ou thérapeutique. Au niveau international, l'IAHAIO (International Association of Human-Animal Interaction Organizations), qui réunit des organisations scientifiques et professionnelles du secteur, définit les « interventions assistées par l'animal » comme une intervention structurée et orientée vers un objectif, qui incorpore intentionnellement un animal dans les domaines de la santé, de l'éducation ou du travail social, dans un but de bénéfice pour la personne accompagnée.
Les organismes français du secteur, comme l'AFTAA (Association Française de Thérapie Assistée par l'Animal, qui se présente comme pionnière de la médiation animale en France depuis une vingtaine d'années), distinguent plusieurs registres d'intervention : la Thérapie Assistée par l'Animal (TAA), conduite par un professionnel de santé ou du médico-social dans un cadre thérapeutique individualisé et documenté ; les Activités Associant l'Animal (AAA), des interactions plus informelles à visée de bien-être et de lien social ; et des ateliers éducatifs ou pédagogiques, notamment auprès d'enfants. Cette distinction correspond à celle formalisée à l'international par l'IAHAIO entre « Animal Assisted Therapy » (AAT) et « Animal Assisted Activity » (AAA).
L'usage thérapeutique de la présence animale est généralement retracé aux travaux du psychologue américain Boris Levinson, qui a documenté à partir de 1961 les effets positifs de la présence de son chien lors de séances avec un jeune patient, avant de formaliser cette approche dans un ouvrage publié en 1969. En France, l'Institut Français de Zoothérapie (IFZ) a été fondé en 2003 par François Beiger, qui avait développé ce secteur au Canada pendant une vingtaine d'années auparavant : il s'agit, selon ses propres informations, du premier organisme de formation professionnelle en zoothérapie du pays.
À qui elle s'adresse
D'après les organismes du secteur, la médiation animale et la zoothérapie s'adressent à des publics très divers : enfants et adolescents (notamment dans un cadre périscolaire ou éducatif), personnes en situation de handicap, personnes âgées en établissement (EHPAD) ou à domicile, personnes hospitalisées ou suivies en psychiatrie, ou plus largement toute personne pour qui la relation à l'animal peut faciliter la communication, l'expression émotionnelle ou le lien social. Ces pratiques sont couramment mobilisées, selon les sources consultées, dans l'accompagnement de la maladie d'Alzheimer, de l'autisme, du handicap ou des situations d'isolement.
Il s'agit d'un accompagnement de bien-être, ou d'un support à un accompagnement éducatif, social ou de soin plus large — pas d'un traitement médical à part entière. La médiation animale ne pose pas de diagnostic et ne se substitue à aucun suivi médical, psychologique ou paramédical déjà engagé.
Comment se déroule une séance
Le déroulé dépend du registre d'intervention. Selon la description qu'en donne une intervenante en médiation animale référencée sur Paralib, installée dans les Landes et intervenant sur le territoire landais et le Pays basque auprès d'établissements médico-sociaux, d'EHPAD, d'écoles et à domicile : les Thérapies Assistées par l'Animal (TAA) ciblent en particulier les troubles de la communication et les situations d'isolement ; les Activités Associant l'Animal (AAA) reposent sur des interactions plus informelles à visée de bien-être et de lien social ; des ateliers d'éveil pédagogiques, plus ludiques, s'adressent en priorité aux enfants. Les animaux mobilisés sont choisis pour leur sociabilité et leur calme — chiens, lapins, cochons d'Inde, parfois chevaux, chats ou chèvres selon les intervenants.
Une autre praticienne référencée sur Paralib, orthophoniste de formation qui a ajouté à sa pratique une spécialisation en thérapie à médiation animale (formations suivies en 2008 puis en 2011 à l'Institut Français de Zoothérapie), reçoit dans une ferme thérapeutique installée dans le Verdon (Var) : la séance y débute généralement par un entretien initial permettant de cerner les besoins et objectifs de la personne accompagnée, puis se poursuit par des séances personnalisées, individuelles ou en petit groupe, au contact d'animaux sélectionnés et éduqués (cheval, chien, chèvre, chat), à un rythme adapté à chacun.
Sur l'échantillon des profils Paralib réellement actifs en zoothérapie ou médiation animale, nous n'avons pas identifié de grille de durée ou de tarif standardisée pour ce type de séance : renseignez-vous directement auprès du praticien ou de la structure choisie.
Cadre et niveau de reconnaissance
En France, la médiation animale et la zoothérapie ne constituent pas une profession réglementée : aucun titre n'est protégé par la loi et n'importe qui peut se déclarer praticien dans ce domaine. L'AFTAA le formule explicitement : la médiation animale « ne bénéficie pas encore d'un cadre réglementaire unique ». Les professionnels du secteur restent, le cas échéant, soumis aux obligations de leur propre profession réglementée (secret professionnel, responsabilité civile...) lorsqu'ils exercent par ailleurs comme professionnel de santé ou du médico-social.
Plusieurs certifications existent néanmoins au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), avec des statuts contrastés que nous avons vérifiés directement sur France Compétences : la Licence Professionnelle « Métiers de la relation à l'animal-compagnon : médiation, éducation, comportement » (RNCP40057, niveau 6, délivrée par l'Université Paris Nanterre) est active jusqu'en 2029 ; à l'inverse, le titre « Chargé de projet en médiation par l'animal » (RNCP36513, niveau 5, Institut de Formation Agatea), qui avait succédé à une première fiche de même intitulé (RNCP31943), est inactif depuis juin 2024 et n'a pas été renouvelé à ce jour. Un titre RNCP actif et applicable au secteur existe donc, mais il ne concerne à ce stade qu'un établissement universitaire et une partie du champ (le pilotage de projets de médiation par l'animal), pas la pratique de zoothérapeute dans son ensemble.
Le secteur s'organise aussi autour d'organismes de formation et de structures professionnelles associatives, sans valeur de diplôme d'État : l'Institut Français de Zoothérapie (IFZ), fondé en 2003, qui réserve ses formations aux professionnels de la santé, du social et de l'enseignement spécialisé souhaitant ajouter la médiation animale à leur pratique ; le Syndicat Français des Zoothérapeutes, qui conditionne l'adhésion à une formation suivie à l'IFZ et fait signer à ses membres une charte d'éthique et de déontologie en 21 articles ; ou encore l'AFTAA, présentée comme pionnière du secteur en France depuis une vingtaine d'années.
Point de contexte réglementaire récent, à ne pas confondre avec la pratique professionnelle de médiation animale décrite ci-dessus : la loi du 8 avril 2024 « pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie » (article 26) a ouvert aux résidents d'EHPAD et de résidences autonomie la possibilité de vivre avec leur propre animal de compagnie, sous conditions précisées par un arrêté du 3 mars 2025 (certificat vétérinaire de moins de trois mois, engagement à assurer les soins et le bien-être de l'animal, respect des règles d'hygiène et de sécurité de l'établissement). Ce texte concerne l'animal personnel du résident, et non l'intervention d'un professionnel de médiation animale — il illustre néanmoins une reconnaissance institutionnelle croissante de la place de l'animal en établissement, un contexte utile pour situer la discipline.
Ce qu'en dit la recherche et vigilance santé
Plusieurs revues de la littérature scientifique publiées ces dernières années rapportent des effets positifs modérés des interventions assistées par l'animal sur certains indicateurs psychologiques : une revue publiée en 2019 dans Frontiers in Psychiatry a examiné l'intérêt de la thérapie assistée par l'animal pour réduire le recours aux mesures de contention en psychiatrie ; d'autres revues et méta-analyses plus récentes rapportent des effets positifs sur l'anxiété, les symptômes dépressifs ou le stress dans différentes populations (adultes, enfants et adolescents hospitalisés, étudiants). Ces publications soulignent cependant, de façon récurrente, des limites méthodologiques : échantillons souvent restreints, grande hétérogénéité des protocoles étudiés (durée, type d'animal, population) — des résultats à interpréter avec prudence plutôt qu'à généraliser.
Nous n'avons pas identifié de recommandation ou d'évaluation spécifique de la Haute Autorité de Santé (HAS) ou de l'Inserm sur la zoothérapie ou la médiation animale, ni de mention de cette pratique dans le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) consulté pour la période 2022-2024 : ces absences ne doivent pas être interprétées comme une validation ou une mise en garde, elles signifient seulement qu'aucune source de ce type n'a été retrouvée à la date de rédaction.
Sur le plan sanitaire, la présence d'un animal en collectivité (établissement de soin, EHPAD, école) expose à un risque de zoonose (maladie transmissible de l'animal à l'humain), de morsure ou de réaction allergique : les ressources de prévention des risques consultées pour cette page, dont celle de la MACSF (assureur de professionnels de santé), recommandent en conséquence un encadrement rigoureux — suivi vétérinaire des animaux intervenants, zones d'accès définies, mesures d'hygiène adaptées. Ces précautions concernent la sécurité de l'intervention ; elles ne remettent pas en cause la pratique en elle-même lorsqu'elle est correctement encadrée.
Mention de prudence
La zoothérapie et la médiation animale sont des pratiques de bien-être et d'accompagnement, non réglementées en France : elles ne remplacent ni un diagnostic, ni un traitement médical, ni un suivi psychologique ou paramédical prescrit. En cas de symptôme ou de doute sur votre état de santé, consultez un médecin.