Qu'est-ce que l'hortithérapie ?
L'hortithérapie désigne l'utilisation du jardin, du jardinage, de la culture des plantes ou plus largement de la relation à la nature, dans un but d'amélioration de la santé physique, mentale et sociale, encadrée par un professionnel formé, dans le cadre d'un projet d'accompagnement (source : Wikipédia FR, article « Jardin thérapeutique »). Cette même source distingue l'hortithérapie, qui désigne l'activité encadrée, du « jardin thérapeutique », qui désigne le lieu aménagé où elle se déroule (allées stabilisées, bacs surélevés, végétation sélectionnée), et du jardinage de loisir ou de bien-être, une pratique libre et non encadrée médicalement, accessible à tous.
Origine et développement
Selon l'association professionnelle américaine de référence, l'American Horticultural Therapy Association (AHTA), l'intégration du travail au jardin dans le soin des malades mentaux a été documentée dès la fin du XVIIIe siècle en Europe et aux États-Unis, notamment par le médecin américain Benjamin Rush. La discipline s'est structurée aux États-Unis à partir des années 1940-1950, avec des programmes destinés à des vétérans de guerre, avant la création en 1973 du National Council for Therapy and Rehabilitation through Horticulture en Californie, devenu en 1987 l'AHTA, qui publie sa première définition officielle de la discipline en 1997 (source : AHTA, « Horticultural Therapy: History & Benefits » et « About AHTA » — organisme professionnel fondateur de la discipline aux États-Unis, donc source non indépendante mais faisant référence à l'international).
En France, plusieurs sources journalistiques et associatives convergentes font remonter l'un des premiers jardins de soin à 1997, lorsque l'infirmière Anne Ribes fonde avec le journaliste Jean-Paul Ribes l'association Belles Plantes et installe un jardin dans le service de psychiatrie infanto-juvénile de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris (sources : Le Bonheur est dans le Jardin ; Plantes et Santé — sources journalistiques et associatives, aucune source institutionnelle de premier rang ne confirmant cette date précise à ce jour). Un autre jardin de référence, « Art, Mémoire et Vie » au CHU de Nancy, est conçu en 2010 par la neurologue Thérèse Rivasseau Jonveaux pour des patients atteints de maladies neurodégénératives, dans le cadre du Plan Alzheimer 2008-2012 (source : AlloDocteurs, France Télévisions, 30/04/2023).
Cadre et niveau de reconnaissance en France
L'hortithérapie n'est ni un métier réglementé ni un titre protégé en France : il n'existe ni ordre professionnel, ni diplôme d'État dédié. La fiche pratique de la Fondation Médéric Alzheimer (reconnue d'utilité publique) le confirme : à sa connaissance, aucun programme français ne délivre à ce jour de diplôme d'hortithérapie, contrairement aux États-Unis, au Japon et à plusieurs pays européens qui disposent de formations diplômantes (source : Fondation Médéric Alzheimer, fiche pratique « Interventions non médicamenteuses et maladie d'Alzheimer — Hortithérapie », février 2024).
Une première certification a toutefois été enregistrée au Répertoire Spécifique (RS) de France Compétences : « Concevoir et animer des ateliers d'hortithérapie » (RS7282), délivrée par l'organisme Terr'happy, enregistrée le 24 septembre 2025 pour une durée de trois ans (source : France Compétences, fiche RS7282, vérifiée directement). Il s'agit d'une certification de compétences complémentaires — pas d'un diplôme d'État ni d'un titre professionnel réglementé — et, à notre connaissance, de la seule certification française existante sur ce sujet à ce jour ; elle est très récente.
Sur le plan associatif, la Fédération Française Jardins, Nature et Santé (FFJNS) fédère depuis 2018 les jardins thérapeutiques, l'hortithérapie et les écothérapies en France : son assemblée générale constitutive s'est tenue le 6 avril 2018, son siège social est hébergé au Centre Hospitalier Théophile Roussel (établissement public de santé mentale, Montesson), et elle est reconnue association d'intérêt général depuis mars 2024 (source : FFJNS, page « Historique » — fédération représentative de la discipline, donc source non indépendante sur ce plan, mais fiable sur ces éléments factuels). Deux formations universitaires ou professionnelles ont par ailleurs été identifiées : le diplôme universitaire « Santé et Jardins : Prendre soin par la relation à la nature » de l'Université Jean Monnet de Saint-Étienne (première session en 2023), et la spécialisation « Jardinier Médiateur », créée en 2020 au lycée de l'horticulture et du paysage de Brive-Voutezac (source : Fondation Médéric Alzheimer, fiche citée ci-dessus).
Comment se déroule une séance
D'après deux documents institutionnels consultés dans leur intégralité, une séance d'hortithérapie peut être individuelle ou collective. En groupe (généralement 5 à 8 personnes selon les sources), l'hortithérapeute est le plus souvent assisté d'un soignant sensibilisé ou d'un jardinier médiateur ; en individuel, il intervient seul. La fiche pratique de la Fondation Médéric Alzheimer indique des séances d'environ 30 minutes en individuel et 1h30 en groupe, à une fréquence minimale recommandée de deux fois par semaine (idéalement quotidienne) ; le service d'hortithérapie de l'Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de Caen décrit, de son côté, des séances de 2 heures. Ces durées, propres à des protocoles hospitaliers, donnent un ordre de grandeur : le format exact (durée, fréquence, tarif) d'une séance avec un praticien Paralib dépend de chaque professionnel — consultez directement les fiches des praticiens ci-dessous.
Le déroulé type décrit par l'EPSM de Caen suit trois temps : un accueil, pendant lequel l'état psychique et émotionnel de la personne est évalué ; une activité adaptée à la météo, à la saison et aux souhaits exprimés — en extérieur (semis, désherbage, arrosage, récolte, observation de la biodiversité) ou sous abri/serre (bouturage, compositions florales, créations avec des éléments naturels) ; puis un temps de restitution, où la personne exprime son ressenti et peut évoquer des projets pour la séance suivante. Dans ce cadre hospitalier, l'inscription se fait sur prescription médicale (certificat + vaccination antitétanique à jour), suivie d'un entretien d'accueil et d'un suivi régulier avec l'équipe soignante (source : EPSM Caen, fiche « Médiation d'hortithérapie au jardin Hellébore », mise à jour 09/2024).
Ce que dit la recherche scientifique
Cette page a un objectif d'information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptôme, consultez un médecin.
Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2023 dans Frontiers in Psychology rapporte un effet significatif de l'hortithérapie sur les indicateurs psychologiques du stress, mais un effet non significatif sur les indicateurs physiologiques (source : PubMed, Lu, Liu, Xu & Xu, 2023). Une autre méta-analyse de 2023, portant sur 13 études et 698 personnes âgées, rapporte une réduction significative des symptômes dépressifs, l'effet étant plus marqué en établissement de soins qu'en milieu communautaire, et pour les activités participatives que pour les activités simplement observées (source : PubMed, 2023). Chez des personnes atteintes de troubles neurocognitifs, des revues systématiques antérieures (Zhao, Liu & Wang, 2020 ; Lu, Lan, Hsieh et al., 2020) et un essai contrôlé randomisé pilote en EHPAD (Yang, Kwan, Zhai et al., 2022) rapportent une réduction de l'apathie et un possible soutien des fonctions cognitives, sans effet confirmé sur la qualité de vie ni sur l'autonomie fonctionnelle (source : références citées par la Fondation Médéric Alzheimer, fiche pratique 2024).
La Fondation Médéric Alzheimer résume elle-même l'état des connaissances avec prudence, indiquant que le rapport entre le coût et l'efficacité de l'hortithérapie reste, à ce jour, insuffisamment documenté dans la littérature. Aucune des sources consultées ne présente l'hortithérapie comme un traitement curatif : toutes la positionnent comme une intervention non médicamenteuse, complémentaire à la prise en charge médicale, dont les effets documentés portent surtout sur le bien-être psychologique et le comportement.
Nous n'avons trouvé, dans les sources consultées (recherches directes sur le site de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, ainsi qu'auprès de l'UNADFI et du Cortecs), aucune alerte spécifique visant l'hortithérapie ou les jardins thérapeutiques à ce jour. Cette absence ne constitue pas une garantie d'innocuité : comme pour toute pratique de bien-être non réglementée, il reste recommandé de vérifier la formation du praticien, de se méfier de toute promesse de guérison, et de ne jamais interrompre un traitement ou un suivi médical en cours.
Dans quels contextes on la rencontre
Les sources institutionnelles consultées décrivent principalement l'hortithérapie en établissement de santé : services de psychiatrie adulte et infanto-juvénile (Centre Hospitalier Théophile Roussel, hôpital de la Pitié-Salpêtrière), établissements publics de santé mentale (EPSM de Caen), et accompagnement de personnes âgées ou atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées, à tout stade (Fondation Médéric Alzheimer ; jardin « Art, Mémoire et Vie » du CHU de Nancy). La fiche de la Fondation Médéric Alzheimer mentionne, parmi les contre-indications à évaluer avant une inscription en établissement, l'absence de vaccination antitétanique à jour et l'asthme allergique sévère non contrôlé. Nous n'avons pas trouvé, dans les sources institutionnelles consultées, de mention d'un usage en milieu scolaire ou en entreprise en France.
Praticiens Paralib proposant l'hortithérapie
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