En quoi consiste cette pratique
Selon la définition donnée par la Fédération française des art-thérapeutes (FFAT, aujourd'hui dissoute au profit du Syndicat français des arts-thérapeutes/SFAT qui lui a succédé), « l'art-thérapie est une pratique de soin fondée sur l'utilisation thérapeutique du processus de création artistique ». Elle se distingue explicitement, selon cette même fédération, d'un simple atelier d'art ou d'une animation artistique en milieu de soin : l'art-thérapeute travaille avec une ou plusieurs médiations (peinture, modelage, danse, musique, théâtre, écriture, marionnette...) pour aider une personne à exprimer et mettre en forme ce qui est difficile à formuler par la parole seule, sans viser une production artistique « réussie » ou esthétiquement aboutie.
La discipline trouve son origine au XXe siècle en psychiatrie, dans l'étude des productions artistiques de personnes internées (une première publication rassemblant 5 000 dessins d'un patient paraît en 1922 ; une exposition internationale au groupe hospitalier Sainte-Anne réunit 2 000 œuvres de 350 patients en 1950, dans la mouvance de l'« art brut » théorisée par Jean Dubuffet), avant que le terme de « psychopathologie de l'expression » ne structure, à partir de 1964, l'émergence de plusieurs écoles et instituts de formation encore actifs aujourd'hui. En France, le psychiatre Jean-Pierre Klein (né en 1939) introduit l'art-thérapie dans un service de pédopsychiatrie à Blois à partir de 1973, fonde l'association Art et Thérapie en 1981 puis l'INECAT (Institut national d'expression, de création, d'art et thérapie), l'un des principaux instituts de formation encore actifs. En parallèle, l'AFRATAPEM (École d'art-thérapie de Tours) est à l'origine, en 1983, du premier diplôme universitaire français dédié à la profession d'art-thérapeute, créé en collaboration avec la faculté de médecine de Tours.





