Arts, expression & médiation

Art-thérapie

Une pratique de soin fondée sur l'utilisation thérapeutique du processus de création artistique (peinture, modelage, danse, musique, théâtre...), née en psychiatrie au XXe siècle et structurée en France depuis les années 1970-1980 (Jean-Pierre Klein, AFRATAPEM) : titre non protégé, mais certification RNCP active depuis 2025, et mentionnée par la HAS comme accompagnement complémentaire possible dans deux recommandations sur les troubles du comportement alimentaire.

913 praticiens référencéspraticiens
612 communes couvertescommunes
60 € tarif médiantarif médian
60 min durée la plus courantedurée courante

En quoi consiste cette pratique

Selon la définition donnée par la Fédération française des art-thérapeutes (FFAT, aujourd'hui dissoute au profit du Syndicat français des arts-thérapeutes/SFAT qui lui a succédé), « l'art-thérapie est une pratique de soin fondée sur l'utilisation thérapeutique du processus de création artistique ». Elle se distingue explicitement, selon cette même fédération, d'un simple atelier d'art ou d'une animation artistique en milieu de soin : l'art-thérapeute travaille avec une ou plusieurs médiations (peinture, modelage, danse, musique, théâtre, écriture, marionnette...) pour aider une personne à exprimer et mettre en forme ce qui est difficile à formuler par la parole seule, sans viser une production artistique « réussie » ou esthétiquement aboutie.

La discipline trouve son origine au XXe siècle en psychiatrie, dans l'étude des productions artistiques de personnes internées (une première publication rassemblant 5 000 dessins d'un patient paraît en 1922 ; une exposition internationale au groupe hospitalier Sainte-Anne réunit 2 000 œuvres de 350 patients en 1950, dans la mouvance de l'« art brut » théorisée par Jean Dubuffet), avant que le terme de « psychopathologie de l'expression » ne structure, à partir de 1964, l'émergence de plusieurs écoles et instituts de formation encore actifs aujourd'hui. En France, le psychiatre Jean-Pierre Klein (né en 1939) introduit l'art-thérapie dans un service de pédopsychiatrie à Blois à partir de 1973, fonde l'association Art et Thérapie en 1981 puis l'INECAT (Institut national d'expression, de création, d'art et thérapie), l'un des principaux instituts de formation encore actifs. En parallèle, l'AFRATAPEM (École d'art-thérapie de Tours) est à l'origine, en 1983, du premier diplôme universitaire français dédié à la profession d'art-thérapeute, créé en collaboration avec la faculté de médecine de Tours.

À qui elle s'adresse

Selon la FFAT, l'art-thérapie peut s'adresser à des personnes de tout âge confrontées à des difficultés à s'exprimer et communiquer verbalement, à organiser leur pensée, ou à relier leurs mots à leur vécu émotionnel et corporel — que ce soit dans le cadre de troubles psychiques, de maladies somatiques (dont le cancer), du vieillissement, du handicap, de traumatismes ou de deuils.

Ce n'est pas un acte médical : en cas de trouble diagnostiqué ou de souffrance psychique importante, cet accompagnement s'inscrit en complément d'un suivi médical, jamais à sa place — consultez un médecin en cas de symptôme.

Comment se déroule une séance

En institution (hôpital, EHPAD, établissement médico-social), les séances durent le plus souvent une à deux heures et s'inscrivent dans un travail au long cours dont la fréquence est décidée en amont ; en libéral, la démarche est généralement volontaire et peut se dérouler en cabinet ou à domicile. Sur les données réelles issues des praticiens Paralib actifs rattachés à cette spécialité au moment de la rédaction (26 praticiens, 66 prestations publiées) : durée médiane 60 minutes, tarif médian 70 € en cabinet (sur 56 prestations), 80 € à domicile (échantillon très restreint, 5 prestations) et 70 € en visio (18 prestations). Cette base technique ne reflétant pas l'intégralité de l'import de production, le nombre réel de praticiens actifs sur Paralib est vraisemblablement plus élevé que ces 26 ; ces chiffres sont à recalculer sur la base de production avant publication.

Au cabinet 50 à 80 €
En visioconférence médiane 75 €
À domicile médiane 60 €

Ce que dit la recherche

La Haute Autorité de Santé (HAS) mentionne l'art-thérapie dans au moins deux recommandations de bonne pratique consacrées aux troubles du comportement alimentaire, sans toutefois évaluer la discipline en tant que telle de façon indépendante. Dans sa recommandation de juin 2019 sur la boulimie et l'hyperphagie boulimique, la HAS indique : « En l'état actuel des connaissances, l'efficacité de l'art-thérapie et de la musicothérapie n'est pas établie. Cependant, il n'y a pas de contre-indication à y avoir recours à condition que l'accompagnement multidisciplinaire recommandé soit maintenu. » Dans sa recommandation de juin 2010 sur la prise en charge de l'anorexie mentale, elle précise que « les approches corporelles, l'art-thérapie, la musicothérapie, etc. peuvent être proposées en association » aux traitements recommandés. Dans les deux cas, l'art-thérapie est présentée comme un accompagnement complémentaire possible, non comme un traitement de première intention, et son niveau de preuve scientifique propre n'est pas établi par ces textes. Un exemple d'intégration hospitalière documenté par l'Association francophone pour les soins oncologiques de support (AFSOS, société savante) concerne le centre régional de cancérologie du CHRU de Tours, où un poste d'art-thérapeute salarié titulaire d'un DU intervient depuis plusieurs années dans les services d'oncologie, d'hématologie, de radiothérapie et de soins palliatifs, dans le cadre des soins oncologiques de support définis par le Plan cancer.

Remboursement

En pratique libérale, une séance d'art-thérapie n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie, aucune source officielle recensée n'ayant confirmé de dispositif de remboursement spécifique ; certaines mutuelles proposent des forfaits « médecines douces » ou « bien-être » pouvant, selon les contrats, en couvrir une partie. Le cas des postes d'art-thérapeutes salariés en établissement de santé (CHU, centres de lutte contre le cancer...), intégrés aux soins de support, est différent : les séances y sont couvertes par la prise en charge hospitalière globale, sans facturation séparée au patient — mais ce cadre salarié est distinct de l'exercice libéral que présente cette page.

Questions fréquentes

Non. Contrairement au titre de psychothérapeute (réservé par le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 aux personnes inscrites sur un registre des agences régionales de santé), le titre d'art-thérapeute n'est pas protégé : n'importe qui peut légalement s'en prévaloir, indépendamment de sa formation.

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Tarif médian60 €
Durée courante60 min
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