En quoi consiste cette pratique
Le brainspotting a été développé en 2003 par le psychothérapeute américain David Grand, formé à la psychanalyse dans les années 1980 puis à l'EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) en 1993. Il l'a mis au point en combinant EMDR, psychanalyse et somatic experiencing dans une approche qu'il a d'abord nommée « Natural Flow EMDR », devenue le précurseur du brainspotting.
Le principe central, résumé par la formule « la direction du regard influence le ressenti », part de l'hypothèse que fixer le regard sur un point précis du champ visuel — le « brainspot » — maintiendrait l'attention sur une activation émotionnelle ou traumatique associée, favorisant son traitement. À la différence de l'EMDR, le thérapeute ne fait pas suivre au patient des mouvements oculaires de va-et-vient : une fois le point repéré, le regard reste immobile pendant que le thérapeute accompagne le processus.
À qui elle s'adresse
Le brainspotting est proposé par des psychothérapeutes, psychologues ou psychiatres, en complément de leur pratique, essentiellement autour de difficultés liées au stress, aux traumatismes ou à certaines tensions corporelles associées. Il s'agit d'une approche encore récente : contrairement à l'EMDR, reconnue par la Haute Autorité de Santé comme un traitement de choix de l'état de stress post-traumatique, le brainspotting ne bénéficie pas d'une reconnaissance institutionnelle équivalente (voir « Cadre & qualification » ci-dessous) et ne doit pas être présenté comme un traitement validé.
Comment se déroule une séance
Une séance type part d'une problématique amenée par le patient, avec une évaluation de son niveau de gêne ou d'activation. Le thérapeute aide ensuite à repérer, par le regard et l'attention portée aux sensations corporelles, un point du champ visuel associé à cette activation ; le patient maintient alors son regard sur ce point pendant que le processus se déroule, parfois accompagné d'une stimulation auditive bilatérale. L'approche est décrite comme intégrative et centrée sur l'instant présent, le thérapeute et le patient restant attentifs aux réactions corporelles et émotionnelles qui émergent.
Cadre & qualification
Il n'existe pas de diplôme d'État ni de certification RNCP ou RS pour le brainspotting : une recherche sur le répertoire de France Compétences n'a fait apparaître aucune certification active à ce nom (vérifié le 24/08/2026). En France, l'Institut Européen de Thérapies Somato-Psychiques (IETSP), organisme de formation certifié Qualiopi, se présente comme la seule structure habilitée à dispenser la formation au brainspotting ; celle-ci est réservée aux professionnels déjà engagés dans une pratique thérapeutique reconnue (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes inscrits au registre ARS).
Le niveau de preuve scientifique reste, à ce stade, nettement plus limité que celui de l'EMDR : plusieurs psychologues et publications critiques qualifient le brainspotting de pseudo-science, en particulier parce qu'aucun corrélat neuroanatomique n'a été établi entre la position du regard et le traitement d'une mémoire traumatique, et que les études disponibles reposent surtout sur de petits échantillons ou des cas cliniques isolés. L'association américaine de psychologie (APA) ne le recense pas parmi les interventions recommandées pour l'état de stress post-traumatique. Cette réserve scientifique est distincte d'un signalement pour dérive sectaire : aucune mise en garde de la Miviludes ou de l'UNADFI n'a été identifiée spécifiquement sur le brainspotting au moment de la rédaction.
Pour une méthode fondée sur les mouvements oculaires et bénéficiant d'une reconnaissance HAS pour l'état de stress post-traumatique, voir la page EMDR / IMO. Le brainspotting est l'une des approches pratiquées au sein plus large de la psychopratique et psychothérapie.
Praticiens Paralib
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