En quoi consiste cette pratique

L'hirudothérapie (du latin hirudo, « sangsue ») désigne l'usage thérapeutique de la sangsue. La pratique est documentée depuis l'Antiquité — Égypte ancienne, Grèce, Rome, monde arabe, Chine, Inde — et a connu un engouement massif en France au XIXe siècle sous forme de saignées, avant un net recul (source : Wikipédia, article « Hirudothérapie »). La Sécurité sociale française a cessé de rembourser la pratique en 1972 ; la même année, elle a été réintroduite en chirurgie plastique française par le Pr Jacques Baudet au CHU de Bordeaux, pour la réimplantation de doigts (mêmes sources). L'espèce la plus utilisée en usage thérapeutique est Hirudo medicinalis, la sangsue médicinale européenne, aujourd'hui classée « quasi menacée » par l'UICN (source : Wikipédia).

Deux usages à bien distinguer

Il existe aujourd'hui deux contextes très différents dans lesquels des sangsues sont utilisées, et il est important de ne pas les confondre.

En milieu hospitalier, la pose de sangsues intervient en complément d'actes de chirurgie reconstructrice — greffes de peau, lambeaux, réimplantations de doigts — pour traiter une congestion veineuse que la chirurgie seule ne peut pas corriger. La salive de la sangsue contient de l'hirudine (un anticoagulant) ainsi que des substances vasodilatatrices qui limitent la formation de caillots et favorisent le drainage veineux le temps que de nouveaux vaisseaux se forment. Une revue de la littérature scientifique portant sur 41 études publiées entre 1960 et 2015 rapporte un taux de succès de 65 à 85 % selon les situations, avec une application toutes les 2 à 8 heures sur une durée moyenne de traitement de 4 à 10 jours (source : revue systématique, Annales de Chirurgie Plastique Esthétique, 2016). Ce protocole est réalisé sur prescription médicale, en établissement de soins.

Sur le plan réglementaire, les sangsues à usage médical « ne répondent ni à la définition du médicament ni à celle des dispositifs médicaux » au sens du code de la santé publique, car il s'agit d'animaux vivants — c'est pourquoi cet usage n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie (source : Sénat, réponse ministérielle à la question écrite n° 13475, 16/12/2004).

En dehors de ce cadre hospitalier, l'hirudothérapie est également proposée par des praticiens de bien-être (naturopathes, réflexologues notamment), en cabinet privé et sans prescription médicale, à visée de bien-être et de décongestion. Nous n'avons trouvé aucune étude indépendante ni source institutionnelle documentant les effets de la pratique dans ce cadre précis : les informations ci-dessous se limitent donc à ce que des sources fiables permettent d'affirmer, sans reprendre d'allégation de bienfait qui ne serait pas indépendamment vérifiée.

À qui elle s'adresse

L'usage hospitalier s'adresse à des patients suivis en chirurgie reconstructrice, sur décision et sous surveillance médicale. Pour la pratique de bien-être proposée en cabinet privé, nous n'avons pas identifié de source fiable et indépendante précisant des indications ou des publics spécifiques : par prudence, Paralib ne reprend aucune allégation de bienfait non sourcée à ce sujet. Cette pratique ne remplace en aucun cas un avis ou un suivi médical.

Comment se déroule une séance

Dans le cadre hospitalier, une sangsue est posée individuellement sur la zone à traiter ; la séance dure environ 30 minutes et la sangsue se détache d'elle-même une fois gorgée de sang (source : Hôpitaux universitaires de Genève — protocole hospitalier suisse, cité ici à titre d'illustration du principe général, la France ne disposant pas, à notre connaissance, d'une source publique équivalente aussi détaillée). Nous n'avons pas trouvé de source institutionnelle ou indépendante décrivant précisément le déroulé d'une séance de bien-être proposée en cabinet privé en France : pour connaître le déroulé exact proposé, mieux vaut se référer directement à la fiche du praticien sur Paralib.

Cadre et niveau de reconnaissance

L'usage hospitalier des sangsues s'inscrit dans un protocole médical réalisé par des professionnels de santé, sur prescription. Il ne s'agit toutefois ni d'un médicament ni d'un dispositif médical au sens réglementaire, comme rappelé plus haut.

La pratique de bien-être proposée hors du cadre hospitalier n'est, à ce jour, adossée à aucune certification professionnelle enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ni au Répertoire spécifique (RS) : une recherche menée directement sur France Compétences pour « hirudothérapie » n'a renvoyé aucun résultat (vérifié le 14/08/2026). Nous n'avons pas non plus identifié de fédération professionnelle française reconnue spécifiquement dédiée à cette pratique. Il s'agit donc d'une pratique de bien-être non réglementée.

Nous n'avons trouvé, dans les sources consultées, aucune mise en garde nommant spécifiquement l'« hirudothérapie » — ni de la part de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), ni de l'Ordre des médecins. Cette absence ne doit toutefois pas être interprétée comme une validation de la pratique : elle signifie seulement qu'aucune mise en garde nommée n'a été retrouvée à la date de cette recherche.

Risques documentés

Les risques ci-dessous sont documentés dans le cadre de l'usage médical hospitalier ; ils donnent un ordre de grandeur mais ne préjugent pas de ceux d'une pratique de bien-être en cabinet, pour laquelle nous n'avons pas trouvé de données indépendantes équivalentes. Le principal risque rapporté est l'infection à Aeromonas hydrophila, une bactérie présente dans la flore digestive de la sangsue : les études rapportent des taux d'infection allant de 4 % à 20 % selon les cas, avec une survenue possible dans les 24 heures ou jusqu'à 26 jours après la pose (source : Archives of Bone and Joint Surgery, 2022). Dans le cadre chirurgical, les saignements prolongés liés à l'hirudine peuvent également nécessiter une transfusion sanguine (même source). Une antibioprophylaxie est généralement recommandée en contexte hospitalier pour limiter ce risque infectieux.

Prudence santé

Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas un avis médical. L'hirudothérapie ne se substitue à aucun traitement ni suivi médical : en cas de symptôme, de trouble de la coagulation, de traitement anticoagulant en cours ou de doute sur une prise en charge, consultez un médecin avant d'y recourir.

Praticiens Paralib proposant l'hirudothérapie

Retrouvez ci-dessous les praticiens Paralib proposant l'hirudothérapie comme pratique de bien-être, classés par proximité et vérification de profil.