Qu'est-ce que l'orthophonie ?
L'orthophonie est une profession de santé réglementée dont le champ d'intervention est défini par le code de la santé publique : « la promotion de la santé, la prévention, le bilan orthophonique et le traitement des troubles de la communication, du langage dans toutes ses dimensions, de la cognition mathématique, de la parole, de la voix et des fonctions oro-myo-faciales » (source : Légifrance, code de la santé publique, article L4341-1). L'orthophoniste intervient auprès de patients de tous âges, pour des troubles congénitaux, développementaux ou acquis. Il exerce « en toute indépendance et pleine responsabilité », établissant son propre diagnostic — le bilan orthophonique — et décidant des soins à mettre en œuvre (source : Légifrance, article L4341-1).
Origine et développement en France
La reconnaissance de l'orthophonie comme discipline doit beaucoup à Suzanne Borel-Maisonny (1900-1995), phonéticienne et grammairienne formée auprès de l'abbé Jean-Pierre Rousselot. Dans les années 1920, elle collabore avec le chirurgien Victor Veau, qui opère des enfants porteurs de fentes labio-palatines à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, et met au point une méthode de rééducation du langage à base phonético-gestuelle qui porte aujourd'hui son nom — la méthode Borel-Maisonny (source : Medfilm, Université de Strasbourg). Elle contribue également à convaincre les services hospitaliers de la nécessité d'un enseignement universitaire dédié. La profession est légalement reconnue par la loi n° 64-699 du 10 juillet 1964, qui institue le certificat de capacité d'orthophoniste (CCO) : nul ne peut exercer sans en être titulaire (source : Légifrance).
À qui elle s'adresse
L'orthophonie s'adresse à des patients de tous âges présentant des troubles de la communication, du langage oral ou écrit, de la voix, de la parole, de la déglutition ou des fonctions oro-myo-faciales, qu'ils soient congénitaux, développementaux ou acquis (source : Légifrance, article L4341-1). Chez l'enfant par exemple, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié des recommandations sur l'orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral, précisant à quel moment un bilan orthophonique doit être envisagé face à une plainte concernant le langage, exprimée par les parents, l'école ou un professionnel de santé (source : HAS). Ces recommandations excluent explicitement les troubles secondaires à une pathologie neurologique, psychiatrique ou sensorielle définie, les malformations bucco-phonatoires, le bégaiement et les troubles acquis du langage, qui relèvent d'indications propres. Nous n'avons pas identifié de liste institutionnelle exhaustive et à jour de l'ensemble des indications de l'orthophonie tous âges confondus : le bilan orthophonique reste l'étape qui permet d'objectiver, au cas par cas, la nécessité d'un accompagnement.
Comment se déroule un bilan et un accompagnement
Sauf exceptions (établissements de santé et médico-sociaux, urgence sans médecin disponible), le bilan orthophonique et les séances de rééducation sont réalisés sur prescription médicale (source : Légifrance, article L4341-1). Lorsque la prescription précise un nombre de séances, celui-ci s'impose à l'orthophoniste (source : Assurance Maladie, ameli.fr). Depuis le 23 février 2026, l'entrée en vigueur de l'avenant 21 à la convention nationale des orthophonistes a supprimé la demande d'entente préalable pour le renouvellement et la prolongation des soins ; l'orthophoniste reste tenu de justifier la poursuite des soins dans son compte rendu de bilan (source : Assurance Maladie, ameli.fr, espace Orthophoniste). Nous n'avons pas trouvé de source institutionnelle décrivant un format type (durée, fréquence) commun à l'ensemble des prises en charge : celui-ci dépend du trouble, de l'âge du patient et de l'organisation du praticien. Pour connaître le déroulé précis proposé, mieux vaut se référer directement à la fiche du praticien sur Paralib.
Cadre et niveau de reconnaissance
L'orthophonie est une profession de santé réglementée au sens du code de la santé publique (livre III, titre IV). Le diplôme requis, le certificat de capacité d'orthophoniste (CCO), créé par la loi n° 64-699 du 10 juillet 1964, est aujourd'hui délivré au niveau master (10 semestres, 300 crédits ECTS) par les centres de formation universitaires habilités, accessibles via Parcoursup (source : Fédération Nationale des Orthophonistes, FNO). Un décret du 11 mars 2026 fait évoluer, à compter de septembre 2026, le cadre d'accréditation de ces formations universitaires, jusque-là régi par un texte de 2013 (source : Légifrance, décret n° 2026-174 du 11 mars 2026). L'usage illégal du titre d'orthophoniste, ou d'un diplôme ou titre légalement requis pour son exercice, est puni comme le délit d'usurpation de titre prévu à l'article 433-17 du code pénal, soit un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende, avec une possible interdiction d'exercer pouvant aller jusqu'à dix ans à titre de peine complémentaire (source : Légifrance, code pénal, article 433-17 ; code de la santé publique, articles L4341-1 et suivants).
Contrairement à d'autres professions de santé comme les médecins ou les masseurs-kinésithérapeutes, il n'existe pas d'Ordre professionnel des orthophonistes en France. La profession est représentée par des organisations syndicales, au premier rang desquelles la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO), reconnue comme syndicat représentatif de la profession en 1970, héritière du Syndicat National des Orthophonistes fondé en 1959 (source : FNO).
Prudence santé
L'orthophonie est un acte de soin à part entière, encadré par la loi, mais elle ne remplace pas un avis médical : en cas de doute sur l'origine d'un trouble de la communication, du langage, de la voix ou de la déglutition, consultez d'abord un médecin, qui pourra si nécessaire prescrire un bilan orthophonique.
Praticiens Paralib proposant un accompagnement en orthophonie
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