En quoi consiste l'activité physique adaptée

L'activité physique adaptée est définie par le Code de la santé publique comme « la pratique dans un contexte d'activité du quotidien, de loisir, de sport ou d'exercices programmés, des mouvements corporels produits par les muscles squelettiques », pour des personnes dont l'état de santé les empêche de pratiquer une activité physique dans des conditions ordinaires. Son objectif est de permettre l'adoption d'un mode de vie physiquement actif régulier, afin de réduire les facteurs de risque et les limitations fonctionnelles liées à une maladie chronique, une affection de longue durée (ALD) ou une perte d'autonomie (articles D.1172-1 et suivants du Code de la santé publique). La Haute Autorité de Santé la qualifie de thérapeutique non médicamenteuse, prescrite sous forme de programmes structurés et limités dans le temps, adaptés à la pathologie, aux capacités fonctionnelles et aux limites d'activité de chaque personne.

L'APA se distingue du sport adapté, qui désigne spécifiquement la pratique sportive organisée pour les personnes en situation de handicap mental ou psychique sous l'égide de la Fédération française du sport adapté. Le champ de l'APA est plus large : il concerne toute personne dont l'état de santé — maladie chronique, handicap, perte d'autonomie liée à l'âge — justifie un accompagnement physique individualisé, dans une visée à la fois préventive, éducative et de réadaptation.

À qui elle s'adresse

Le Code de la santé publique réserve la prescription d'APA à des publics définis : personnes atteintes d'une affection de longue durée ou d'une maladie chronique affectant leur vie quotidienne, personnes présentant des facteurs de risque (surpoids, obésité, sédentarité, hypertension artérielle...), et personnes en perte d'autonomie, notamment bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie ou d'une aide à domicile. Pour les personnes présentant des limitations fonctionnelles sévères — mobilité très réduite, altérations cognitives majeures, déficiences sensorielles graves — seuls des professionnels de santé peuvent intervenir. La synthèse de la Haute Autorité de Santé cite, parmi les situations pour lesquelles des données existent sur l'intérêt d'un accompagnement en APA, le surpoids et l'obésité, le diabète de type 2, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l'hypertension artérielle, les maladies coronariennes stables, les suites d'accident vasculaire cérébral, l'insuffisance cardiaque chronique, certains cancers ou encore la dépression, ainsi que les personnes âgées.

L'activité physique adaptée s'inscrit dans le parcours de soin, en complément et non en substitution d'un traitement médical : elle est prescrite par un médecin et son déroulement est suivi par ce dernier.

Comment se déroule une prise en charge

L'APA est prescrite par un médecin — historiquement le seul médecin traitant, et depuis la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, tout médecin intervenant dans la prise en charge de la personne — pour une durée de trois à six mois, renouvelable. Le professionnel qui dispense l'APA réalise un bilan initial de la condition physique de la personne, puis construit un programme personnalisé et progressif, en forme, en intensité et en durée d'exercice, selon ses capacités et son état de santé. Des comptes rendus périodiques sont transmis au médecin prescripteur, notamment en cas de risque identifié, et un bilan final permet d'apprécier les progrès réalisés et de décider de la poursuite ou de la sortie du programme.

Les séances peuvent se dérouler en individuel ou en collectif. Elles ont souvent lieu au sein d'une Maison Sport-Santé : ce réseau national, créé en 2019 par les ministères chargés des Sports et de la Santé puis inscrit dans le Code de la santé publique par la loi du 2 mars 2022, réunit des professionnels de santé et du sport pour accompagner vers l'activité physique aussi bien des patients sur prescription que des personnes en perte d'autonomie ou simplement désireuses de reprendre une pratique physique. Plusieurs centaines de Maisons Sport-Santé sont aujourd'hui réparties sur le territoire. L'APA n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie ; certaines Agences régionales de santé, collectivités locales ou complémentaires santé peuvent toutefois participer à son financement.

Cadre et qualification

L'article L.212-1 du Code du sport impose une obligation générale de qualification : seules les personnes titulaires d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle ou d'un certificat de qualification garantissant la compétence en matière de sécurité, enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), peuvent enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive contre rémunération, sous peine de sanctions pénales. L'encadrement de l'APA prescrite est réservé par le Code de la santé publique à une liste définie de professionnels : masseurs-kinésithérapeutes et autres professionnels de santé, titulaires d'un diplôme universitaire en activité physique adaptée, ou éducateurs sportifs titulaires d'une certification agréée — les personnes présentant des limitations fonctionnelles sévères ne pouvant être accompagnées que par un professionnel de santé.

La filière universitaire de référence est la licence Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), mention « Activité physique adaptée et santé » (bac+3, fiche RNCP35944, dispensée dans plus de cinquante universités françaises), qui peut être prolongée par un master de même mention (bac+5, fiche RNCP38697). Ces diplômes forment au diagnostic des besoins et capacités d'une personne, à la conception et à l'encadrement de programmes d'intervention adaptés, en tenant compte de sa condition médicale, de ses capacités fonctionnelles et de son degré d'autonomie. La Société française des professionnels en activité physique adaptée (SFP-APA), association loi 1901 créée en 2007-2008 par et pour des professionnels issus de cette filière, est l'association professionnelle de référence du métier en France ; il n'existe pas, à ce jour, d'ordre professionnel réglementant l'exercice de l'APA.

Ce que l'APA ne remplace pas

L'activité physique adaptée n'est ni un diagnostic, ni un traitement médical : elle est prescrite par un médecin et s'inscrit dans un parcours de soin qu'elle ne se substitue pas à lui. Elle se distingue également du sport adapté au sens strict, réservé aux personnes en situation de handicap mental ou psychique, et d'une simple activité de loisir ou de remise en forme non encadrée par les textes cités ci-dessus.