En quoi consiste l'addictologie

L'addictologie est le champ médical et scientifique consacré à l'étude, à la prévention et à l'accompagnement des conduites addictives : la dépendance à une substance psychoactive (alcool, tabac, cannabis, autres drogues, médicaments) mais aussi, depuis la reconnaissance des « addictions sans substance » par les classifications internationales de référence (DSM-5 en 2013, CIM-11 en 2019), certains comportements comme le jeu d'argent pathologique. Elle mobilise une approche transdisciplinaire — médecine, psychologie, travail social — les conduites addictives étant considérées comme relevant de causes à la fois biologiques, psychologiques et sociales.

À qui elle s'adresse

L'accompagnement en addictologie s'adresse à toute personne en difficulté avec sa consommation d'une substance ou avec un comportement (jeu d'argent notamment), ainsi qu'à son entourage, qui peut lui aussi être reçu et soutenu. Un dispositif dédié, les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), s'adresse spécifiquement aux 12-25 ans qui s'interrogent sur leur consommation, et à leurs proches, avant qu'elle ne devienne problématique. L'accompagnement n'est pas réservé aux situations de dépendance installée : il peut aussi intervenir en prévention, dès un simple questionnement.

Où et comment se déroule un accompagnement

En France, la prise en charge s'appuie sur trois secteurs complémentaires et coordonnés. Le secteur médico-social spécialisé regroupe les Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA, créés par le décret n°2007-877 du 14 mai 2007), les Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD, décret n°2005-1606 du 19 décembre 2005) et les CJC déjà mentionnées : accueil gratuit, anonymat possible pour l'usage de stupéfiants, équipes pluridisciplinaires (médecins, psychologues, professionnels socio-éducatifs). Le secteur libéral (médecins généralistes, médecins ayant une orientation addictologie, psychiatres, pharmaciens) et le secteur hospitalier (consultations d'addictologie, équipes de liaison intervenant notamment aux urgences) complètent ce dispositif.

Parmi les approches mobilisées par les professionnels, la Haute Autorité de Santé documente notamment l'entretien motivationnel, une méthode de communication centrée sur la personne visant à l'aider à résoudre son ambivalence face au changement. Les thérapies cognitivo-comportementales et les groupes de parole, souvent portés par des associations d'usagers, sont également proposés selon les situations. Un éventuel traitement médicamenteux, y compris de substitution, relève exclusivement d'une prescription et d'un suivi médical.

Cadre et niveau de reconnaissance

« Addictologue » n'est pas un titre professionnel protégé unique : c'est une orientation d'exercice que peuvent adopter des professionnels de statuts différents — médecins, psychologues, infirmiers, éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux — chacun conservant son propre titre réglementé. Pour les médecins, l'Ordre national des médecins rappelle qu'un titre ou une compétence ne peuvent être mentionnés publiquement que s'ils sont reconnus (article 30-1 du code de déontologie médicale).

Depuis la réforme du troisième cycle des études médicales, les internes de toute spécialité (médecine générale, psychiatrie...) peuvent suivre une Formation Spécialisée Transversale (FST) en addictologie, sur deux semestres, sanctionnée par un mémoire et un portfolio. Les médecins déjà en exercice peuvent se former via une Capacité d'Addictologie clinique (deux ans, proposée par plusieurs universités) ou un diplôme universitaire. France Compétences référence à ce titre la certification RS7561 « Prévenir et prendre en charge les addictions », portée conjointement par 25 universités françaises, construite avec le Collège Universitaire National des Enseignants d'Addictologie et le Conseil National Professionnel d'Addictologie.

Ce Conseil National Professionnel d'Addictologie est constitué par la Fédération Française d'Addictologie, qui rassemble 18 organisations dont trois sociétés fondatrices : Association Addictions France (ex-ANPAA), la Société Française d'Alcoologie et d'Addictologie (SF2A, ex-SFA) et la Société Francophone de Tabacologie. La Fédération Addiction, autre réseau national reconnu, fédère quant à elle plusieurs centaines d'établissements et de professionnels du soin, de la prévention et de la réduction des risques.

Repères de santé publique

Selon l'édition 2025 des chiffres clés de l'Observatoire Français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT, données 2023-2024), le cannabis reste la substance illicite la plus consommée en France avec environ 900 000 usagers quotidiens, tandis que l'usage de cocaïne dans l'année a concerné 1,1 million de personnes. La consommation quotidienne de tabac et d'alcool poursuit une baisse engagée depuis 2014, même si l'alcool restait associé à 246 000 hospitalisations en 2023. Les jeux d'argent et de hasard ont concerné environ 24 millions de joueurs dans l'année, en hausse par rapport aux éditions précédentes.

Vigilance santé

Un accompagnement en addictologie ne remplace pas un avis médical. En cas de consommation problématique, de signe de dépendance ou de mise en danger, consultez un médecin ou adressez-vous à un Centre de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) : l'accueil y est gratuit et l'anonymat possible pour l'usage de stupéfiants. Les praticiens actifs sur Paralib et les prestations qu'ils proposent sont présentés ci-dessous.