En quoi consiste l'ACT
La thérapie d'acceptation et d'engagement (en anglais Acceptance and Commitment Therapy, ACT) a été élaborée par le psychologue américain Steven C. Hayes à partir des années 1980 : une première évaluation en a été réalisée par Robert Zettle en 1985, et l'approche a été finalisée à la fin des années 1980. Elle appartient à ce que la littérature désigne comme la « troisième vague » des thérapies comportementales et cognitives (TCC), après les approches comportementales classiques puis les thérapies cognitives. Elle s'appuie sur la théorie des cadres relationnels développée par Hayes, qui étudie le lien entre langage, cognition et comportement, dans une perspective de contextualisme fonctionnel inspirée du pragmatisme du philosophe William James.
L'objectif central de l'ACT n'est pas de supprimer les pensées, émotions ou sensations désagréables, mais de développer ce qu'elle nomme la « flexibilité psychologique » : la capacité à rester en contact avec le moment présent et à agir en cohérence avec ses valeurs, même en présence d'expériences internes inconfortables. Ce travail s'organise autour de six processus articulés entre eux : la défusion cognitive (prendre de la distance avec ses pensées plutôt que de les prendre pour des faits), l'acceptation des expériences internes plutôt que la lutte pour les éliminer, le contact avec le moment présent (proche de la pleine conscience), le « soi observateur », la clarification des valeurs personnelles, et l'engagement dans des actions concrètes alignées avec ces valeurs.
À qui elle s'adresse
L'ACT est proposée en accompagnement psychothérapeutique pour des difficultés variées. Une synthèse portant sur une vingtaine de méta-analyses et environ 130 études a mis en évidence des effets favorables dans plusieurs indications, notamment l'anxiété sociale, la dépression, le bien-être de personnes atteintes de cancer, l'aide à l'arrêt du tabac et la prévention de réhospitalisations chez des personnes suivies pour un trouble psychotique. Ces résultats concernent des études cliniques et ne constituent pas une garantie d'efficacité individuelle : l'ACT reste une approche parmi d'autres, à discuter avec un professionnel de santé qualifié au regard de la situation de chacun.
En cas de mal-être durable, de symptômes évocateurs d'un trouble psychique ou de toute souffrance importante, il est recommandé de consulter en priorité un médecin ou un professionnel de santé qualifié. Cet accompagnement ne remplace pas un avis médical.
Comment se déroule un accompagnement
L'ACT n'est pas un métier autonome mais une approche que des professionnels de la santé mentale intègrent à leur pratique de psychothérapeute. Selon l'Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC), sa pratique en France s'inscrit dans le cadre plus large des TCC et s'adresse à des psychiatres, des psychologues cliniciens, des médecins non-psychiatres ou des professionnels titulaires de diplômes étrangers équivalents, sous réserve d'avoir suivi au préalable une formation complète en TCC reconnue par l'association et d'en être membre actif.
Le déroulé concret d'un accompagnement (nombre de séances, format individuel ou en groupe, exercices proposés) dépend donc avant tout du professionnel qui le propose et du cadre thérapeutique dans lequel il s'inscrit ; pour le détail d'une séance de psychothérapie, se référer à la page de l'activité correspondante.
Cadre et niveau de reconnaissance
L'ACT n'est pas, en elle-même, un métier réglementé ni un titre protégé en France : c'est une approche thérapeutique intégrée par des professionnels aux statuts différents. Seul le titre de « psychothérapeute » est protégé par la loi (décret n°2010-534 du 20 mai 2010, pris en application de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985) et réservé aux personnes inscrites au registre national tenu par les agences régionales de santé ; les psychologues et psychiatres relèvent quant à eux de leurs propres cadres réglementaires. Des professionnels exerçant sous des titres non protégés, comme celui de « psychopraticien », peuvent également s'en réclamer.
L'AFTCC propose des formations à l'ACT certifiées Qualiopi et accréditées au titre du développement professionnel continu (DPC), ce qui atteste d'un cadre de formation structuré ; notre recherche sur le moteur de France Compétences n'a toutefois fait apparaître, à la date de vérification, aucune certification RNCP ou RS active portant spécifiquement sur l'ACT : il ne s'agit pas d'un diplôme d'État ni d'une certification professionnelle enregistrée en tant que telle.